dimanche 9 février 2014

Jour S, aurevoir Égypte de mon coeur, le monde est petit, etc.

Je ne suis plus en Égypte.
Je suis en Turquie.

Et j'ai vraiment aimé mon Égypte. C'est tellement différent de voyager pour les gens plutôt que pour les sites. On aime les belles vues, mais croyez-moi, le contact humain, le partage brut, c'est ce qui fait l'expérience.

J'ai passé ma dernière journée en terre égyptienne avec Hend et Gaby. C'était le jour S, alias SURPRISE.  Dans un mois c'est l'anniversaire de la belle Hend. Bien avant mon voyage et donc bien avant que je la rencontre, Gaby et moi étions devenues amies facebook et Gaby avait déjà semé l'idée de préparer une fête d'anniversaire spéciale en avance pour Hend. J'ai adoré l'idée et comme Gaby, grâce à sa profession, connait bien le milieu hôtelier, elle a proposé qu'on passe la journée et la nuit d'avant notre départ à Sharm-el-Sheikh, ville d'où laquelle nous prenions l'avion ce matin. Gaby a donc fait une réservation dans un cinq étoiles (Maritim Jolie Ville Royal Peninsula), on avait commandé un gâteau d'anniversaire et on devait aller manger dans un pub sur Soho Square. Mais  Hend n'en savait rien.
Tout était aux frais de Gaby et moi, et c'était prévu depuis longtemps.

On a bien réussi notre surprise. Hend était contente. On lui proposait quelque chose qui sortait de l'ordinaire, de ses habitudes et on en a beaucoup profité. Premièrement, l'hôtel était impeccable, vraiment un service hors-paire. Je vais devoir écrire un message au gérant, car dès qu'Hend et moi sortions de la chambre, ils venaient refaire le nettoyage. On avait des nouveaux gâteaux plusieurs fois par jour, des paniers de fruits frais. Le soir, en revenant de Soho Square, nos lits avaient été préparés. Vraiment, il y a du Gaby sous cela parce que c'était plus qu'un traitement VIP. On se serait cru dans un 7 étoiles. Peut-être que j'étais vraiment une VIP, après tout, et comme on le sait tous, Hend est une guide pour VIP donc ça concorderait. ;)  Non non, il y a du Gaby dans cette histoire. Tant mieux. C'était génial.

Le gâteau était délicieux et joli, la piscine était sublime (même si on avait une vue un peu gâchée par un mec en speedo avec la bedaine bien tendue, un vrai tambour, qui se brassait le cul au son de musique arabe dans un cours de danse du ventre. Ouais... On aurait pu s'en passer. Et la femme du mec en question, toute fière, immortalisait ce moment sur vidéo. Je vous le jure, c'est un cas de divorce, chez moi. Si jamais Éric me faisait honte de même, DIVORCE.

En soirée, nous avons eu l'idée d'amener Hend dans un pub anglais sur Soho Square. On a beaucoup ri. Il faut comprendre que Sharm est un resort comme Cancun ou Punta Cana. Ça veut dire très peu de locaux et beaucoup d'étrangers. Hend détonnait tellement dans ce pub, avec son voile, son arabe et ses habitudes. C'était vraiment super. Une fille qui aime être là où elle est, tout simplement. Pas ce qu'on s'imagine des femmes musulmanes qui vivent outremer. Parce que vous ne savez pas encore que l'égalité homme-femme ne passe pas toujours par l'absence de voile. Je ne prétends pas le contraire non-plus. Je dis juste que les messages que le voile lance semble être différent si on est en occident ou en orient. Je n'ai pas encore connue de femme obligée de le porter. Même si ça doit exister.
On a pris plusieurs photos hier soir. Aussi, un ami de Hend, Hany, a appelé pendant qu'on était au pub et c'est Gaby qui a répondu. Hany est un guide touristique comme Hend, et il fait partie de sa petite gang. Gaby s'est présenter: "Bonjour, je suis Gaby, la belle-mère suisse de Hend"... Je pense qu'il est presque tombé en bas de sa chaise en l'entendant. Puis, j'ai pris le téléphone et j'ai dit que j'étais la soeur canadienne de Hend et qu'elle ne voulait pas lui parler pour l'instant, mais que moi j'avais le temps. héhéhé. On a jasé au téléphone un brin et la soirée s'est terminée avec un nouvel ami facebook, bien entendu.
J'ai pu rencontrer Hany en chair et en os ce matin. Hend et moi prenions le même vol de Sharm au Caire, et Hany est venu la chercher à l'aéroport. J'ai pris un p'tit drink avec eux dans le terminal d'arrivée des vols domestiques avant de partir pour ma correspondance vers Istanbul. On a bien rigolé. Ahhhhhh ! Et j'ai eu droit à ma fanta égyptienne. J'en rêve depuis 2009. Tous les gens qui voyagent en Égypte sont unanimes: La Fanta égyptienne est vraiment différente de celle des autres pays, et c'est la meilleure du monde. Je ne veux pas connaitre leur ingrédient secret, mais j'ai eu ma dose de fanta, ce qui m'a permis de supporter le 1 heure de délais de mon vol... Une heure à poireauter dans l'avion, by the way. Sans clim. Ouffff...

Ça m'a donné le temps de jaser avec mon voisin. Je lui demande en anglais "Pourquoi le délais?" et il me répond "problème d'autorisation de vol"... bla bla bla... et "es-tu British ou russe? Tu as un accent." qu'il me demande.
"Non, je suis Québécoise, c'est un accent de français québécois".
Il commence à me parler en français, qu'il s'appelle Karim, né au Caire, a grandi à Lyon en France, a étudié en pharmacie, travaille pour Merck, basé à Dubai mais voyageant une cinquantaine de fois par année autour du monde pour le boulot....
Et là...
il me dit... "J'ai travaillé pour Vidéotron quand j'étais plus jeune, au soutien technique. Je ne sais pas si tu sais mais leur soutien technique est au Caire, ici. On a eu des cours de géographie, de français québécois... et il me lance des mots comme chum, magané, etc. Je rigole.
Et ensuite... "Ma soeur a étudié au Québec. À L'Université du Québec à Rimouski".
WOW ! Je viens de Rimouski et je le lui mentionne. Il rit. Le monde est petit. On continue et la conversation bifurque sur la charte, car il en a entendu parlé comme tout le monde sur cette terre et est un peu outré... comme plusieurs personnes me l'ont mentionné, depuis le début de mon voyage. Et là, il lance la phrase du jour: " Il y a une famille égyptienne à Rimouski qui font de la danse... Mochira et son mari Fred."

What ????? Mochira! Ma Mochira! Celle qui a dansé à mon mariage, bref.
"Je connais Mochira!", que je lui dit.
Ahhhhhhhh Le monde est encore plus petit, soudainement.

Non mais, il faut le faire. Je suis dans un vol Caire-Istanbul à côté d'un des dix-neuf millions de Cairiotes, qui by the way vit aux Émirats et n'est jamais allé au Québec... et il connait Mochira. Il lui a même déjà parlé, quand sa soeur Hosnah était au Québec.

Ça n'arrive qu'à moi! À moins que Mochira soit une star égyptienne et que je ne sois pas au courant.
J'ai vérifié avec Mochira et elle corrobore l'histoire.
On est tous connectés d'une manière ou  d'une autre.

Je suis arrivée à Istanbul vers 17h20. Une heure plus tard que prévue. J'ai eu un très mauvais repas sur le vol 7 de 12: du saumon fumé, de la salade russe "Olivier" et une bizarre de mousse au chocolat avec un nectar de mangue à boire. Pas mangeable.  Donc 17h20, j'arrive et j'ai faim. Mais je dois encore passer l'immigration, attendre mes bagages et prendre le métro pendant 5 stations et le tramway pendant 16 stations, et marcher environ 500 mètres entre Ste-Sophie et la Mosquée bleue pour rejoindre l'Hôtel Sebnem (prononcé Chebnem). Bref, à 19h, j'atteins mon but.
Je suis accueillie par Serkan qui était en poste à la reception. Il est mon ami facebook et jusqu'à dernièrement il n'avait pas remarqué que je parlais turc. Donc je devais le lui prouver. Je me lance... et ça marche. J'ai réussi mon switch express (passer de l'anglais et de mon 15 mots d'arabe au turc en deux temps trois mouvements). Je jase un peu, et à l'air que j'ai, je dois faire pitié parce qu'il me dit: tu veux aller à la chambre, hein?
Ouais Serkan, je le veux.

Ma chambre est vraiment bien. Toute petite, mais le lit, je l'adore, douillet comme tout.
Le Sebnem, c'est l'hôtel de mon voyage de Noce. J'y ai séjourné aussi avec Pascale après la Grèce et avec Hend en 2012.
Je suis sortie souper vers 21h. Il y a eu une averse avant, donc j'ai attendu un peu. à 21h00, Istanbul et magnifique. La pluie reluisait sur les belles pierres du pavé. J'ai passé devant Sainte-Sophie, la basilique-mosquée-musée. Elle est rose et illuminée et des oiseaux tournent autour de son minaret. En face, tout à l'opposé, La mosquée Bleue et ses multiples minarets veille sur moi. Je vous le dit, cette place, entre les deux monuments, avec la fontaine colorée, le hammam Hürrem Sultan, la fontaine de Topkapi, la citerne basilique... C'est magique, surtout le soir. C'est tranquille. Seuls les amoureux s'y promènent. Il y a des vendeurs d'épis de maïs grillés, et de chataignes grillées... Ça sent ces odeurs de grillades bien particulières, que j'associe indéniablement à cette ville. Je décide de suivre la ligne de tram jusqu'à Sirkeci, un peu plus bas, pour manger un dürüm au poulet. Il s'agit de poulet à la broche (doner) dans une tortilla turque, avec des tomates, de la laitue, des frites des cornichons et des piments forts. C'est délicieux. Un dürüm et une bouteille d'eau... 3,5 livres turques! Environ deux dollars canadiens. Abordable au maximum! C'est très consistant, et typiquement turc. J'aime acheter mon dürüm dans une petite gargote cloisonnée entre deux boutiques. C'est le même gars qui cuisine, à tous les soirs ou presque. Il me connait maintenant, même si je viens quelques fois par année seulement. Je suis l'étrangère qui parle turc. C'est comme ça.

Au retour, je passe à côté du Faro, un resto bien connu pour ses serveurs mignons et playboys. Comme c'est situé à côté du Adora, où je séjourne souvent, j'y ai un ami: Ersin. Ersin travaillait ce soir. Il m'aperçoit depuis la rue, et j'entends mon nom avant même de l'apercevoir. "Un thé mon amie"...
Ça ne me tente pas beaucoup... mais pas le choix. On accepte les thés d'amitiés. C'est pas comme un thé de négo. Un thé de négo, c'est celui des boutiques, celui qui fait qu'on reste 20 minutes de plus dans un endroit...  Un thé d'amitié, c'est ce thé qui n'engage à rien, c'est un thé pour le plaisir d'un thé. Ersin m'installe à l'intérieur, et il vient me jaser entre ses courses d'une table à l'autre. Il y a toujours de l'action au Faro est c'est comique à regarder. Les mecs sont payés pour faire des courbettes aux madames d'un certain âge... car ce sont elles qui ont le moyen de se payer ce resto. C'est assez cher... à comparer avec mon dürüm. hihihi.

On jase un peu, en turc. Les autres serveurs commencent à rigoler avec moi... Mesdames, il faut quand même le dire, il y avait de quoi regarder, et comme regarder n'est pas interdit, j'ai regardé. Il y a des monsieurs serveurs de tous les âges au Faro. Ouais. Donc j'ai bu deux thés au lieu d'un, et après je suis partie. Pas payé. Les thés d'amitié sont gratuits. Je demande je dois combien, pour la forme, et on me répond que j'exagère avec mes questions idiotes.
Bon bon  bon...

Si c'est comme ça, je m'en vais... avant d'en boire deux autres et de ne plus dormir de la nuit.
C'est déjà le cas; il est 1h03 du matin quand je vous écris ces mots .

De retour à l'hôtel depuis 22h15. J'ai pris mon temps, pour bien profiter de mon Istanbul.
Au retour, un message de Osman, mon guide kurde de Hasankeyf. Il est à Istanbul depuis aujourd'hui et il a vu mon tag sur facebook. Si Nebahat ne peut pas me voir demain, j'irai peut-être essayer le Marmaray avec lui, car son ami travaille demain pm. Mais le plan A, c'est Nebahat. Elle est son horaire compliqué et de dernière minute.

Je vous souhaite une bonne nuit et je vous laisse sur ces quelques photos pêle-mêle:

 Moi au Maritim Jolie de Sharm-el-Sheikh

 Gaby et moi au Soho Square

 Aéroport du Caire avec Hany, alias mon mari égyptien héhéhé 

 Dernier clin d'oeil à Dahab

 Vol Sharm-Le Caire: C'est finiiiiii... snif snif Je vais pleurer...



 Notre belle chambre de luxe au Maritim Jolie... Merci Gaby pour les petits extras!

 Gâteau d'anniversaire un mois d'avance. SURPRISEEEE !

 Gaby et moi 

 Petit sticker au plafond de la chambre d'hôtel, indiquant la direction de La Mecque, pour les prières

 Soho Square: il y a une patinoire intérieure! Très exotique pour l'Égypte.

 Important: À noter que Facebook reconnait même Hend en singe. Elle est étiquetée automatiquement par facebook... Mais moi facebook ne me reconnait pas en ours. :D

 Un "cheers" multiculturel... avec tout ce que ça implique! ;)

 Andy et moi (à Dahab sur la plage devant leur appartement)

vendredi 7 février 2014

tic tac tic tac

Tic tac tic tac ...
Le temps.
Le temps coule comme une rivière. Mais cette semaine il a coulé trop vite. J'ai aimé d'amour, dès la première seconde, cette Dahab magnifique. Je m'en ennuie déjà et j'y suis pourtant encore.
C'est que cette nuit est ma dernière nuit dans mon lit de Dahab. Demain, je serai déjà ailleurs... Mais quand même en Égypte.
Demain, c'est le jour S. Je vous en parlerai un autre jour. Le jour S sera mon dernier en Égypte... Pour cette fois.

À tous ceux qui m'ont déconseillés de venir ici, je vous dit: Dieu merci, je ne vous ai pas écouté.
Parce que la grande joie de voir mon amie, ainsi que le plaisir incommensurable de m'en faire d'autres, mêlé au fait que cet endroit est mystique, comme le décrit si bien Andy... Ça m'a remplie de joie. Et j'avais besoin de cette joie, voyez-vous.
Au quotidien, on a tendance à oublier de sourire. Ici, j'ai beaucoup souri.

Hier, nous avons fait la dolce vità. Nous sommes allées, Gaby, Hend et moi, nous promener... La marche sur la plage protégée du vent fou nous a fait du bien. J'adore la sensation de l'eau et du sable entre mes orteils. Partout où nous sommes allées, nous avons été accueillies par les gérants des hôtels qui sont tous connus de Gaby, et nous avons été leurs invités. Le Dahab Paradise et Le Swiss Inn sont tous deux de superbes endroits.
 Le Dahab Paradise, entre autre, est niché dans un endroit à couper le souffle, et est une endroit par excellence pour les retraites de yoga. J'ai compris pourquoi en étant sur le site. Rien n'est plus inspirant que ce site.
Quand au Swiss Inn, il est doté d'une superbe plage, d'une superbe piscine, et il est très "classe".
En soirée, nous sommes allés avec Andy et Gaby dans un resto italien. Le vin était délicieux et passait très bien. J'avais le vin heureux, je dirais. Aussi heureux que mon coeur.

Quoi de mieux que de zyeuter un paysage sublime, les pieds dans l'eau, et de terminer la journée à partager un tiramisu avec une amie chère, accompagnée de gens extras ? Non, il n'y a rien de mieux. Hend et moi avons abouti sur la plage aux petites heures du mat à jaser à la belle étoile, sans feu, avec un vent tiède en plein visage... En y pensant bien, ce qui rend la chose exotique, c'est d'être à 20 km de l'Arabie Saoudite à la nage, point. Sinon, ce fut tout simplement une parfaite journée entre amies comme on en a partout dans le monde, peu importe notre provenance.

Aujourd'hui, c'était jour de plage. Ben oui, encore! Parce que la lagune, sans blague, c'est mon endroit fétiche de Dahab, à partir de maintenant. Y'a pas meilleur endroit pour s'écraser dans une chaise et lire, écouter de la musique ou simplement bavarder. On regarde les kite-surfeurs, on boit une bière égyptienne bien froide, on mange un sandwich dinde et fromage dans un pain aux olives... Ça sent le barbecue que la petite famille d'à-côté est en train de préparer sur le sable.
On donne du pain sec aux chiens du coin, qui sont contents.
On peut marcher jusqu'à la maison en longeant la plage. La balade dure une heure, environ. Sinon, en voiture, c'est cinq minutes.

Ce soir, c'était la thématique du diner égyptien. Hend s'était mise en cuisine, pour notre grand plaisir à tous. Koftas, babaganoush, feuilles de vigne farcies, tahina, riz à la cannelle, aux noix et aux raisins... et en dessert une salade d'orange et de figues. Une bonne bière avec ça... Tout ce travail, vraiment, m'a rendu bien joyeuse. Hend cuisine très bien et elle aime cela. On voit qu'elle connait les techniques, qu'elle comprend la chimie de la cuisine.  Gaby avec invité notre adorable petite bédouina de la soirée de filles, Aisha, qui est arrivée dans une belle tunique pourpre. Aisha, je l'aime beaucoup. Elle est joyeuse. Elle apprécie les petites choses de la vie. Sincèrement, elle ajoutait beaucoup de couleur à notre diner.

Dahab va me manquer.
Andy et Gaby vont me manquer.

Résolution prise: À chaque voyage en Turquie, je bifurque vers l'Égypte.
Autre résolution: apprendre l'arabe. Ma prochaine langue, sûr et certain. Déjà j'ai tous les livres qu'il me faut pour commencer.

Deal avec moi-même.

 Hend, Gaby et moi profitant d'un apéro, sans alcool pour que Ms Magdy puisse aussi en profiter.

 Je pense qu'il y a une chèvre qui a bouffé dans les poubelles et qui s'est fait avoir...

 Un petit asana peut-être ? 

 Oui, cette mer est magnifique.

 Dahab et son vent... Je suis comme les palmiers; je penche à droite. 
Ces arbres sont des datiers, by the way.

 Une "german bakery" est nécessaire à toute bonne ville qui se respecte. 

 Ahhhh ! La collection de Vache qui Rit, Kiri, et autres marques maisons d'un dépanneur.

 Bière d'après-midi avec Andy à la Lagune.

 Hend et son fameux café!

 Coucher de soleil depuis le toit de notre appartment

 Lueur rose sur l'Arabie Saoudite

 Vue du toit "chez nous"

 J'aime cette photo. Ça me rappelle que je suis en Égypte.
 Moi sur "mon" toit. Pas mal la vue, hein?

 Notre souper égyptien. En Égypte, on fait comme les Égyptiens. Ou presque..
Si je vous dit qu'on était cinq dont trois occidentaux,
 pouvez-vous parier à quelle place les "étrangers" étaient assis?



mercredi 5 février 2014

Dahab, cette belle Dahab ...

J'ai beaucoup à dire de cette belle Dahab.

Dahab, petite ville du Sinaï à 20 km des côtes de l'Arabie Saoudite, sur le Golfe d'Aqaba, en mer rouge. Cette bourgade prisée des plongeurs (le Blue Eye est l'un des cinq meilleurs spots de plongée au monde, selon plusieurs magasines), des kite-surfeurs et de véli-plancheurs (c'est vraiment le paradis du vent) est surtout connue des backpackers, même si on y trouve plusieurs hôtels cinq étoiles. La mer y est vraiment belle et change souvent de couleur.
Depuis la révolution, cependant, les touristes ont arrêtés de venir à Dahab. Comme partout en Égypte. Les bédouins, qui peuplent cette ville en majorité, sont laissés à eux-mêmes. Il devient plus cher d'opérer un restaurant ou un hôtel que de le fermer carrément. Inutile de dire que c'est extrêmement difficile pour cette communauté. Pourtant, la région de Dahab est sécuritaire, chaude à l'année, on y mange bien, le paysage accidenté des montagnes plongeant dans la mer est à couper le souffle.

Et surtout, Dahab est rempli de gens bien. Une belle petite communauté mélangée y habite. Égyptiens, bédouins, étrangers (car plusieurs faces blanches se sont établies ici) se fondent en un melting pot assez épatant. Je dois préciser ici que les Égyptiens sont un peu considérés comme des étrangers, ou du moins des touristes, en cette terre. Au Sinaï, même si on est en Égypte, on est en terre de bédouins. Ils sont fiers de leur culture et s'affichent dans toute la splendeur de leurs différences. Si ça peut déranger des gens ailleurs en Égypte, ici à Dahab, ça se passe relativement bien, cette cohabitation, selon ce que j'ai pu constater depuis ces quelques jours ici.

Hier, Gaby, Andy, Hend et moi sommes allés faire une longue marche jusqu'à la lagune, une magnifique bande de terre assez abritée du gros vent pour nous permettre de nous écraser dans des chaises longues sans être ensevelis de sable. On a bu une bière locale (Hend a bu un milkshake, car ne boit pas d'alcool, en bonne musulmane) et on a bavardé de tout et de rien en rigolant. Ensuite, on a mangé les délicieux mets préparés par Andy, qui avait entre autre préparé des pommes de terre aux herbes et au sel de mer absolument décadentes. Les meilleures que j'ai jamais mangé. 

On a terminé la soirée avec notre soirée de filles "cake and movie". Six filles invitées chez nous pour manger des sucreries et "regarder un film". Disons que le film, on l'a pas vraiment vu. Six filles ensemble, ça jase en s'il vous plait. Mais c'était absolument fascinant car il n'y avait aucune majorité. Deux étrangères (Gaby et moi), deux Égyptiennes (Hend et Rasha) et deux bédouinas (Aïsha et son amie).  Hend avait préparé des tartes aux fraises, Andy nous avait fait une incroyable salade de fruits avec mandarines, bananes, fraises et grenades et Rasha est arrivée avec des cupcakes. Comme tout le monde parlait Anglais à différents degrés, on a eu le temps de bavarder énormément et comme j'étais à l'aise, j'ai posé beaucoup de questions sur l'amour, les relations, le féminisme, le voile, les traditions. J'ai eu beaucoup de réponses et j'aurais tellement aimé que certaines personnes à qui je pense présentement soient avec moi pour entendre ces femmes, ce mélange de femmes de tous âges, de début vingtaine à début cinquantaine, nous raconter leurs idées. Mes petites bédouinas m'ont terriblement déstabilisées car je ne m'attendait surtout pas, sous ces voiles noirs, à entendre des opinions aussi tranchées sur les relations, entre autres, et sur l'amour, le mariage. Rasha aussi m'a impressionnée avec ses idées, sa façon de voir la vie de couple, etc. Je découvre que sous les voiles il y a une quantité impressionnante de femmes qui veulent vivre voilées mais qui sont modernes à leur manière. Le féminisme n'appartient pas qu'à l'occident, je l'ai toujours dit et depuis hier, j'ai envie encore une fois de le hurler sur tous les toits.
La soirée a été fort appréciée et je me compte chanceuse d'avoir connu ces filles. Vraiment de beaux moments. C'est pour ça que je voyage. Au diable la bucket list de pays à visiter. Le vrai contact, avec des gens qui sont là pour les bonnes raisons, c'est ce que je veux. Le contexte du "cake and movie" aidant, il n'y avait plus de différence entre nous toutes. Nous n'étions que des copines passant un bon moment entre girls.
Voilà.

Aujourd'hui aussi, j'ai connu des gens. La cousine de Hend, accompagnée de son mari et de ses deux garçons (que l'on appellera ici Rooney et Ronaldo, en l'honneur de leurs chandails respectifs)  étaient en ville pour quelques jours, dans un voyage organisé à l'hôtel Happy Life. Nous sommes donc, Hend et moi, allées les chercher et nous sommes allées sur la promenade au Yalla Bar pour faire un après-midi tellement égyptien, à jouer aux dominos et au backgammon. Que de plaisir! Le couple ne parlait pas beaucoup anglais, mais suffisamment pour qu'on puisse communiquer... Et vous savez, dès qu'il y a une opportunité de communication, j'adore la saisir. Je n'ai surtout pas peur de la barrière des langues. Ça fait longtemps que j'ai appris à me débrouiller sans comprendre la langue autour de moi. Donc ce pm, ça se déroulait en arabe, et parce que j'ai l'oreille et la curiosité, j'ai appris plusieurs mots que j'ai commencé à utiliser par ci par là. L'effet est immédiat: Ça fait rire les enfants et ça fait plaisir aux grands. J'aime tellement l'arabe égyptien que j'ai réellement l'intention de l'apprendre, après le turc. Le plus difficile avec l'arabe, c'est l'écriture, l'alphabet. La différence est énorme avec le français.
Mais... C'est tellement exotique! Je passerais mes journées à écouter des gens parler passionnément l'arabe.

En soirée, une pizza, quelques emplettes au marché du coin, une belle pointe de tarte aux pommes offerte par Andy et Gaby à notre retour, et un bavardage intense entre Hend et moi jusqu'à une heure du matin.
Oui. Voilà comment je passe mes journées. Je parle, je mange, je bois, je marche, je joue. C'est une privilège fabuleux que j'ai d'être ici, et j'ai déjà hâte d'y revenir.

Vous savez, l'appartement que Hend et moi avons loué, au Moonlight, c'est un petit bijou. Propre, bien situé, directement sur la plage (tellement que les voitures sont stationnées sur le sable, sans casse-tête). Je me réveille le matin avec le bruit des vagues... et quelquefois du vent qui siffle fort. C'est mélodieux, c'est paisible.

Une idée de ce que je veux dire ?


Dans la journée, on passe de notre appartement à celui d'à côté, occupé par Andy et Gaby, et vice versa. On rigole des chats, dont Miss Pipi  la chatte magnoona (folle)  qui traine dans le coin. Andy dit qu'il lui a manqué d'air à la naissance, probablement, et qu'elle est devenue désaxée. On en rit énormément. La chatte peut être si gentille... et devenir hystérique en deux secondes. Hier, elle est carrément montée sur le pare-brise de la voiture pour nous empêcher de partir de la maison.







Dahab, c'est une panoplie de boutiques de plongée et de diving clubs, c'est des chèvres qui broutent en pleine rue, des dromadaires qui passent tout à coup avec des bédouins habillées de leur longue robe blanche et de leur foulard sur la tête.  C'est une mer bleue ou verte ou grise ou noire ou toutes ces teintes en même temps, c'est les montagnes rose d'Arabie Saoudite qui apparaissent sans crier gare quand le vent s'estompe, c'est des montagnes irrégulières qui découpent le ciel en mille morceaux, comme un miroir éclaté qui brille au soleil. Dabah, avec son redlight de prostituées russes, avec ses hôtels cinq étoiles grandioses, le Novotel, le Swiss Inn, le Bay View ...
Ici, on m'expliquait que les gens font l'inverse que dans les pays occidentaux. On va au marché, on regarde les produits frais et on choisit la recette en conséquence. Chez nous, on google une recette, on fait une liste d'ingrédients et on va faire les emplettes. Dans les marchés, de belles mangues, énormes, très différentes de celles que j'ai vu au Mexique pendant que j'y vivais. De l'hibiscus séché vendu en vrac, en grande quantité. On le boit en thé, c'est typique et populaire. Je découvre des aubergines blanches, les meilleures pour farcir en dolma, supposément. Jamais vu ça avant. Sur les étagères, des marinades exotiques : citrons confits aux piments, mini concombres qui ressemblent plutôt à des fèves, etc.
Le fromage le plus populaire en Égypte est La Vache qui Rit. Je l'avais déjà constaté lors de mon premier séjour en Égypte en 2009, mais c'est encore plus frappant dans une petite ville. En allant dans un dépanneur local, tout petit, je me marre de voir une étagère complète de La Vache qui Rit et ses versions égyptiennes, comme le Kiri, etc. Tous les Égyptiens mangent de ce fromage à tartiner.
Aussi, je retrouve mon amie la Fayrouz, une boisson maltée sans alcool hyper sucrée, à saveur de pomme, d'ananas, de mangue. Je suis folle de ces boissons maltées, et avant, on pouvait en trouver à l'épicerie internationale de Rimouski, mais ce n'est plus le cas. Pas possible de s'approvisionner. Malesh, comme diraient les Égyptiens (tant pis).

Je peux difficilement vous décrire l'univers dans lequel je me trouve.
Une photo peut vous en dire plus:

Ouais. C'est un peut ça l'Égypte.
1) Il y a moi... avec un chat... dans un restaurant.
2) Il y a une bouteille de Mr. Muscle (windex) sur la table, remplie d'eau pour que je chasse le chat... au restaurant)
3) J'ai une pizza 4 fromages... dont un fromage est du Kiri, la version égyptienne de La Vache qui Rit
4) Mon Sprite est en arabe.

Donc oui, c'est ça l'Égypte. C'est un mélange de tout plein de choses inusitées qui me rendent totalement heureuse.

Je termine aujourd'hui en vous laissant quelques photos. Je n'en prends pas beaucoup parce que j'ai d'autres chats à fouetter. Je ne suis pas en Égypte pour faire une touriste de moi même, mais plutôt pour profiter de la bonne compagnie de Ms. Magdy, ma bonne amie que je ne vois malheureusement pas assez souvent, mais qui m'est chère. Un beau coup de foudre d'amitié que je traine depuis 2009, et qui malgré la distance me comble de joie.

 Assez comique, les sapins de Noël en bouteilles de bière dans ces terres. Il y a des chrétiens en Égyptes, by the way.

 J'aime le mélange mer soleil montagnes

 Oui, définitivement un magnifique mélange

 Vue de notre plage privée, depuis l'appartement.

 Miss Pipi alias Magnoona qui dort pénarde.

 Encore cette vue horrible (héhé) depuis notre appartement.
 
 La superbe lagune

 La lagune: une bande de sable et de la mer des deux bords

 Andy, l'ami des animaux

 Moi aussi les animaux m'aiment héhé

 J'ai soif.

 Marche en solitaire 

 Sorry pour ma face tordue... Soleil trop fort. Avec Gaby et Hend

 Gaby et moi
 Bicyclettes, chevaux et chameaux interdits sur la promenade. lol

 La lagune
 Vue depuis le Yalla Bar

 Backgammon time: La poignée de bonne chance
 Backgammon time: La poignée de la vainqueure et la face de "j'ai mal à l'égo" du perdant.

Un bel après-midi

La lagune... et moi dans le vent.

lundi 3 février 2014

Péripéties aéroportuaires, Dahab et l'amitié

Ok.
J'en ai encore vécu des vertes et des pas mûres dans un (des) aéroport (s)
Mais je m'en suis mieux tirée qu'à mon dernier voyage, n'ayez crainte. Cependant, j'y ai quand même goûté et j'ai eu peur de devoir revivre mon cauchemar de Royal Air Maroc version 2.

Je vous raconte.
Le 2 février, je devais quitter la Turquie temporairement pour l'Égypte. J'avais réservé mon vol 4 de 12 et 5 de 12 pour faire Istanbul-Le Caire, et ensuite Le Caire- Sharm-el-Sheikh, avec un gros quatre heures à attendre au Caire, car je devais acheter mon visa, passer l'immigration égyptienne, en ne sachant pas comment ça allait se passer car je n'y suis pas revenue depuis la révolution. 

Je me lève tôt au Adora, car j'avais décidé de me rendre à l'aéroport avec tout mon stock en tramway et puis en métro. C'est pas compliqué, c'est simplement long. Un des employés du Adora terminait justement son quart de nuit et retournait à la maison en tramway à la station Zeytinburnu, la même station à laquelle je devais passer du tramway au métro. Il a donc ramassé mon gros sac et l'a porté et surveillé dans le tramway pendant une douzaine de stations, et ce, sans prendre une seule livre de pourboire. Je me suis dit:"quel beau début de journée!" ... Ce que je ne savais pas, c'est que ça allait se gâter.
J'arrive à l'aéroport Atatürk à Istanbul, trois heures d'avance comme c'est recommandé. L'enregistrement n'était pas commencé. Bizarre.
Finalement, vers 10h30, ça commence. Je m'enregistre. Pas de trouble. L'avion est à l'heure, mon bagage va transféré tout seul à Sharm, sans que je ne doive le réenregistrer au Caire. Je passe la sécurité et le point de contrôle du passeport; tout est beau même si mes nouvelles jeans sonnent dans le détecteur de métal.
Je m'en vais à ma porte...
La porte change ...
On annonce un délai d'une heure ... (Ici, je me dis, pas grave, au lieu d'avoir quatre heures, j'en aurai trois au Caire, c'est plus que suffisant). L'heure de départ passe donc de 13h à 14h.
Puis.. la cata arrive. Horreur! Un délais supplémentaire. L'heure de délai passe de 14h à 16h45.

Holy Molly ! C'est un vol de 2h30. Si on calcule, ça me fait arriver au Caire à 18h45 pour prendre mon vol de 19h15. Je commence à freaker un peu. Je suis presque certaine de le manquer, et mes bagages auraient le temps de transférer de vol. Donc voyageraient sans moi. NON!!!! Je ne veux pas!!! Je veux mes bagages dans mon avion. Avec MOI!!!

Trouvons un préposé Egyptair...
Il n'y en a pas dans le terminal.
Je veux un préposé Egyptair.
Entre temps, je rencontre Chidi, un Nigérien de 33 ans pris sur mon vol. Il est amusant et je m'assois avec lui. Je lui fais dire tout plein d'affaires dans sa langue maternelle, on partage un sac de chips, il tente de me convaincre de visiter le Nigéria. Ouais. On verra pour ce dernier point, mais au moins, j'ai un ami.

Les préposés Egyptair se pointent. Ils nous offrent un repas chaud, gracieuseté de la maison pour l'attente. C'est là que je rencontre mes quatre nouvelles amies, trois filles de Malaisie et une Thailandaise, toutes les quatre en début vingtaine, musulmanes, étudiant pour être des dentistes au Caire, parce que c'est moins cher que dans leur pays d'origine : Nor, Fatimah, Shyakirah (Prononcé Shakira, comme la chanteuse) et Chekoh.
Les quatre sont adorables, gentilles au max. On a partagé une table lors du lunch (avec Chidi) et elles avaient un bon anglais, donc on a pas mal jasé. Elles sont restées avec moi. Entre temps, un Égyptien m'a prêté son cellulaire pour que j'appelle Hend qui devait faire une heure de route avec un taxi privé pour venir me chercher à l'aéroport de Sharm. JJe devais l'aviser que j'allais manquer ma correspondance et que je ne savais pas si on pouvait me placer sur un autre vol, ou si j'allais dormir au Caire aux frais d'Egyptair.  On m'a dit: "Quand tu arrives au Caire, vérifie tout de suite avec un préposé sur place". Alors, il fallait qu'Hend attende avant de faire un "move".
Ouais...
Ok. Pas le choix.
On est finalement parti 5h49 plus tard que prévu. La raison ? Problème d'aéroport, supposément.
Chidi, lui, a été repitché sur un vol autre, direct, allant au Nigéria. Le chanceux!

Dans le vol vers Le Caire, j'ai eu le plaisir d'être assise à côté d'Anton, un jeune russe de 27 ans travaillant pour une compagnie anglaise fabriquant des cannettes (boissons gazeuses, bières, etc). Il était en charge du territoire russe, turc, égyptien et finlandais et s'en allait en Égypte pour une semaine de boulot. Un jeune homme fort brillant, très drôle, voyageur, un moscovite assez typique qui aime boire sa vodka en shooteur, jamais avec de la glace, et qui aime le hockey. Un jeune homme qui m'a franchement parlé de politique russe, de Vladimir Poutine, du coût de la vie en Russie... Bref, le 2 heures de vol s'est passé à merveille et j'ai un nouvel ami facebook. Ce matin, il m'a envoyé un message pour s'assurer que j'étais bien arrivée en un seul morceau à Dahab, car dès ma descente de l'avion, je n'ai pas eu le temps de dire un salut à tous mes nouveaux amis. Je devais courir en pensant avoir à affronter des tonnes de problèmes pour me remettre sur un autre vol. Habituellement, c'est laborieux, et Egyptair n'a pas bonne réputation. Aussi, je craignais l'agent d'immigration. Je me disais que j'allais peut-être avoir droit à un interrogatoire en règle, que depuis la révolution tout est pris plus au sérieux.

MAIS NON!
En 20 minutes, j'avais un nouveau vol, un visa, et on m'a envoyé dans une ligne spéciale pour passer plus vite à l'immigration.
WOW !
J'avais même trouvé un autre égyptien en mesure de me prêter son cell pour que je fasse un autre appel à Hend, le temps de l'aviser.
Ce que je ne savais pas, c'est que mon amie, bien pluggée dans le milieu touristique, avait déjà toute l'information que j'allais lui transmettre. Elle savait sur quel vol j'étais, à quelle heure il arrivait, etc.

Je suis arrivée à Sharm à minuit et vers 1h30 nous étions à Dahab. Un bédouin conduisait la voiture pour nous . La route était déserte. J'ai eu droit à un "control check" de mon visa et passeport par des hommes armés, mais c'est normal au Sinai. C'est sécuritaire justement parce que c'est surveillé.

Pour vous mettre en contexte, nous sommes à Dahab pour une raison précise: Hend à des amis qui sont comme une deuxième famille pour elle. Il s'agit de Gaby et son mari Andy. Ils viennent de Suisse mais ont vécus partout dans le monde depuis longtemps, et vivent en Égypte depuis des années. Nous avons donc loué l'appartement à côté de celui de Gaby et Andy.
J'ai eu droit à des mets délicieux préparés par Andy, principalement. De la soupe à l'orge, des boulettes en sauce, de la salade de pommes de terre, des betteraves, et il y avait aussi du pain d'avoine maison,  concocté par Gaby.
J'ai eu le plaisir de les connaitre tous les deux et sincèrement, je n'ai que du bon à en dire. Gaby est une femme entreprenante, avec beaucoup d'idées, bien organisée. Andy aime parler de politique, de sujets chauds, il cuisine, il joue au tennis, il prend la vie du bon côté. C'est une homme qui a un vécu incroyable. Il a participé à la construction de plusieurs palais pour le roi d'Arabie Saoudite, ainsi que d'hôtels 5 étoiles prestigieux, et était en charge de plusieurs de ces projets. Il est très intéressant.

La journée d'aujourd'hui en a été une de découvertes du secteur. On s'est promené, on a bien mangé, bien bu, on a bavardé énormément. J'avais beaucoup de temps à reprendre avec Hend. C'est comme si on ne s'était jamais laissées. La conversation a repris facilement, et on a beaucoup de plaisir ensemble, parce que Hend, c'est une fille ouverte d'esprit, qui a des opinions, et qui aime bien rigoler. On se ressemble sur plusieurs points.

Ces vacances en Égypte vont être agréables et au jour le jour. Je ne suis pas arrivée ici avec l'intention de faire une exploratrice de moi-même. J'ai plutôt envie de profiter de la vie et de me reposer. C'est nécessaire, au point où j'en suis, et c'est l'endroit tout indiqué pour le faire.
L'appartement que l'on a loué, dans l'édifice du Moonlight, est agréable, confortable, équipé comme il se doit, et très propre. J'ai une belle chambre, il y a un jardin, et la possibilité de me faire bronzer toute nue sur le toit si je le voulais... mais j'suis pas décidée. ;)

Dahab est le meilleur des deux mondes. On y trouve de grands hôtels 5 étoiles mais on ne se sent pas envahis pas eux. Il y a aussi la vraie vie. C'est ce qui fait la beauté de la chose. Ici, les Égyptiens sont touristes en leur propre pays, car on est littéralement chez les Bédouins. J'aime. Beaucoup. Il y a quelque chose de vrai dans cette ville.

Et le vrai, c'est ce qui me plait en ce monde.
Le vrai, le pur.

Bonne nuit les cocos.

samedi 1 février 2014

Se rabibocher avec Air Canada ...

J'y suis enfin!
En fait, pas encore tout à fait. J'ai atteint Istanbul comme prévu, à l'heure prévue, avec tous mes bagages, sans embuche. Je suis arrivée cet après-midi (on est samedi le 1er février) au terme des vols 1 de 12, 2 de 12 et 3 de 12, les trois avec Air Canada. Demain après-midi, je pars vers Sharm-el-Sheikh via Le Caire, et mon amie Hend m'y attendra avec un chauffeur pour aller à Dahab, là où nous avons loué un appartement, au Moonlight.
Donc j'y serai totalement demain.
Mais on peut dire que je suis au moins en vacances, donc j'y suis. On se comprend. Ou peut-être pas. :)

Je suis un peu une Amélie Poulain, moi. Mon chum m'appelle Amélie très souvent, depuis des années. Je ne casse peut-être pas la croûte de la crème brûlée avec le même plaisir qu'elle, mais je redeviens enfant devant une machine distributrice de pailles... et surtout devant une pompe à sauce St-Hubert... comme celle de l'aéroport Trudeau. J'ai donc pompé ma sauce dans le petit "cup", comme une vraie pro.
 Ça commence bien les vacances! hihihi

Les vols 1, 2 et 3 de 12 m'ont permis de me rabibocher avec Air Canada. J'ai toujours eu une relation amour-haine avec notre cher transporteur. Mais là, sérieusement, ça c'est bien passé. Des vols à l'heure, de l'efficacité. Sylvie Fréchette a embarqué à l'escale de Baie-Comeau... Ouais je sais, vous vous en foutez, et moi aussi dans le fond.
Je croyais m'emmerder à l'aéroport Pearson à Toronto, mais au contraire, le terminal D est comme un centre d'achat avec un Thai Express, un David's tea, et des aires communes mises au goût du jour. Pas mal du tout lorsqu'on a un gros quatre heure pour flâner. J'ai trouvé de l'eau de coco sans sucre ajouté, comme je l'aime. J'ai donc calé une grande cannette, comme une fille en manque... Mais quel bonheur! J'ai eu ma pompe à sauce à Trudeau et mon eau de coco à Peason ... Merveilleux! Prodigieux!

Mais mon vol pour Istanbul, sincèrement... Il faut que je le mentionne, a été exceptionnel côté service. Tellement que je vais faire le commentaire à Air Canada. On a eu le meilleur staff possible. Tout les agents de bord étaient sensationnels. Déjà, le vol était anormalement vide. Les gens dans l'avion étaient de bonne humeur. Tout le monde parlait à tout le monde, c'était friendly. Et comme le vol était peu bondé, tout le monde s'est déplacé et on a tous eu deux ou trois sièges consécutifs... C'est particulièrement apprécié sur un vol de 10 heures, pour dormir.  En jasant, l'agent de bord de ma section, une dame torontoise, m'a entendue dire que j'étais Québécoise. Elle a donc décidé de s'adresser à moi en français de bout en bout, très gentiment. On entend souvent parler qu'Air Canada ne respecte pas la loi sur les langues officielles, et avec raison bien souvent, mais cette fois-çi, le service était impeccable. On avait du vin en masse, de la place pour dormir... Le seul hic; le repas. Je ne sais pas si le traiteur s'est fourré, mais on a eu droit à un repas israélien dégueu...Le couscous israélien était vraiment trop cuit... et j'avais même une cannette de Sprite écrite en hébreux. Un vol pour Tel Aviv partait juste avant le miens, de la même porte... J'imagine qu'on a hérité des restes. Mais ça se pardonne, compte tenu du bon service...
Et en comparant avec Royal Air Maroc, en Septembre... Air Canada c'est vraiment du gros luxe.
Je suis arrivée à Istanbul, j'ai pris le métro, puis le tramway pour me rendre au Adora.  Le staff qui y travaillait ce pm, je ne le connaissais pas, mais ils ont été absolument aimables. Inutile de vous dire que je méritais ma douche, par contre. Puis, je me suis couchée. Je devais voir Nebahat et Ayhan plus tard, devant le consulat français, pour un souper à Taksim.

J'ai pas vraiment pu dormir...
1) Nebahat m'a appelé pour annuler. Elle avait du boulot et était prise dans son quartier asiatique pour plusieurs heures encore. J'allais donc aller souper seule avec Ayhan.
2) Une fois recouchée, la réception m'a appelé pour me dire que j'avais un visiteur en bas.

WHAT ???
Un visiteur???
Personne ne savait à quel hôtel je restais! Quel visiteur pouvait bien m'avoir trouvé ici ??

Je descends donc, pas très enthousiasmée... Et là, je vois qui ??? Mon big boy! Erdi en personne. Ça ça m'a fait plaisir. Je ne l'avais pas vu depuis 2012, en plus. Erdi travaillait au Adora avant. Puis, en 2012, il est déménagé en Russie pour ouvrir un hôtel appartenant qu même propriétaire que le Adora. Et Erdi ne devait pas revenir, ou peut-être, mais du moins, on ne devait pas se croiser. Et il ne savait pas que j'étais ici. Mais Erdi est revenu de Russie ... hier. Et il est passé au Adora dire salut à ses anciens collègues. Et ils ont jasés. Et le mec qui ne me connaissait pas lui a dit qu'une petite canadienne qui parlait turc logeait jusqu'à demain. Et Erdi a allumé. Parce que des Canadiennes qui parlent turc... j'suis peut-être une des seules hihihihi. Mettons que c'est pas commun. Alors il a demandé si c'était pas Meryem (moi!). Et il m'a fait descendre pour qu'on boive un thé, en souvenir du bon vieux temps, parce que j'en ai bu, des litres de thé avec Erdi.   Plusieurs plusieurs plusieurs litres. Alors j'ai vu Erdi, et j'ai immortalisé le tout comme preuve:





J'avoue qu'on fait particulièrement pitié sur la photo, mais dieu que j'étais contente. Ça comment bien des vacances, de belles surprises comme ça. Mon big boy a maintenant 25 ans. C'était un ti gars avant. Là, il s'en vient faire son service militaire. C'est pour ça qu'il est revenu. Mon gentil Erdi est de retour au bercail. Il avait 23 ans à notre dernière rencontre. Et je le connais depuis qu'il a 21. Moi j'suis comme la matante canadienne un peu délurée.

Je crois qu'on va être bons pour souper ensemble une fois avant qu'il parte officiellement. Ça me ferait plaisir au max, mais on verra bien si c'est possible à mon retour d'Égypte.

 Puis, il est parti et moi  aussi, car je devais aller trouver Ayhan devant le consulat français, point de rencontre prisé de Takim, pour casser la croûte quelque part sur la longue rue Istiklal. Nous sommes allés manger des köfte sauce au yogourt avec des pommes de terre et de la limonade maison. Puis Ayhan m'a amené dans un salon de thé dans une ruelle. Un salon qu'il aime prarticulièrement. Il faisait frais, environ 6 degrés, mais nous avons bu 3 verres de thé chaud... Une belle soirée où on a beaucoup jasé. Ayhan s'en va terminer sa maîtrise en Angleterre, en mai. Il veut revenir en Turquie via l'Europe, et on a parlé itinéraire.

Istanbul comme d'hab m'a accueillie comme si j'étais son enfant de retour au bercail. Même la grisaille de l'hiver ne peut camoufler sa beauté sans fin.

Oui, ce soir je vous écrit de ma petite chambre du Adora... et je me sens un peu chez moi, tranquille et paisible.

Je touche du bois pour que demain doit identique.

Bonne nuit!