mardi 8 septembre 2015

Un pays sans McDonald's ni moustiques

 Mardi. Troisième jour en Islande. Déjà. Nous avions réservé un voyage d'une journée en groupe pour le Golden Circle (Tingvellir, Geysir et Gullfoss, en plus d'une station géothermique et une église particulière), princpalement parce que ça nous revenait moins cher et aussi pour rencontrer des gens et socialiser. C'est aussi très intéressant de faire certaines visites avec des guides experts, qui eux, possèdent de l'information difficile à obtenir lorsqu'on est seul.
Il faut avouer que ça passe trop vite, ce voyage. Et quand ça passe vite, c'est parce que c'est agréable, d'habitude.
Éric et moi avons compris aujourd'hui que le climat islandais est dramatique de nature. On y a encore gouté, quoique moins qu'hier (Dieu merci!). C'est simplement la normalité ici. Notre guide islandaise nous l'a confirmé: "C'est pas de la malchance! En été il fait une moyenne de 19°C, et il pleut les trois quarts du temps de l'année, s'il ne neige pas. Et ne parlons pas des vents, qui atteignent des vitesses de typhons!"
Moi qui croyait que Rimouski était la ville du vent par excellence, j'ai compris que notre petit vent de rien du tout, c'est une peanut. 
Aujourd'hui, notre guide Christina nous racontait qu'à chaque année, l'Islande fait face à des conditions identiques à celles des typhons et ouragans. Si on n'en entend aucunement parler dans les médias, c'est principalement parce que les constructions sont parmi les plus solides du monde. L'Islande est une sommité dans la construction de bâtisses solides. Les toits et les revêtements extérieurs sont en taule, une taule solidement fixée, ce qui permet aux toitures de résister au vent de fou. Les maisons sont chaudement isolées.
Cette Christina, elle nous en a donné, des détails intéressants, pendant cette journée plus que chargée. Par exemple, elle nous a expliqué que l'Islande est un des deux seuls pays du monde, avec les îles Féroé, où il n'y a pas de moustiques. Le paradis, quoi! Oui, c'est vrai, le climat est vraiment une galère. La météo est une telle institution ici, les conditions étant terriblement changeante. On peut faire face aux quatre saisons en une seule journée, c'est aussi simple que cela. Mais le fait que les moustiques y sont inexistants, ça rachète tout tout tout! Parce que si on me demande de choisir entre un gros vent et des moustiques, mon choix est vraiment trop simple; mon sang est un grand cru pour les mosquitos. Je suis un Château du Pape à maringouins, moi! Donc, je choisis sans même hésiter le maudit vent. Voilà.  Éric, lui, choisirait probablement les moustiques, ouais, mais il faut le comprendre, son sang est du Cochon Mignon à comparer au miens. Il est moins attirant, bref. C'est comme une cafétéria d'hôpital  à moustiques, alors que moi je suis le Fat Duck.  Ou un Pabst Blue Ribbon versus une flute de champagne.
Donc, Christina nous disait que la pluie, le vent, le froid, les percées de soleil qui nous donnent de faux espoirs, c'est ça la véritable Islande. On est dans la vraie vie, là. Pas de fake. 
Elle nous a aussi parlé de la loi de tolérance zéro pour l'alcool au volant. Oui, vous avez bien lui: tolérance zéro. Pas de .08 là. On parle du .00. Un vrai nada. Par contre, il n'est pas interdit de boire lorsqu'on fait du cheval. Et le cheval étant  une véritable passion en Islande, on voit donc souvent des cavaliers en état d'ébriété sur les magnifiques chevaux islandais. Et l'avantage, c'est que même si on ne se rappelle plus le chemin de la maison, le cheval, lui, s'en souviens. héhéhé. Blague à part, les chevaux islandais sont probablement les plus beaux que j'ai jamais vu. Ils sont plus trapus, mais forts et résistants, tout comme les maisons de l'Islande. Ils ont une très belle crinière, et résistent au climat. Et l'avantage principal de vivre ici, c'est les grands espaces, les steppes immenses et verdoyantes. Les chevaux ici peuvent galoper à leur guise. L'île leur appartient, du moins tout autant qu'aux Humains. 
La faune, outre les chevaux, n'est pas particulièrement variée. On voit principalement des moutons dodus, renommés pour leur laine très chaude et piquante, des rennes, amenés du continent, des chevaux, des vaches, des signes (oui, il y en a beaucoup. On les voit se prélasser dans les champs ou sur les lacs), et des renards arctiques, qui eux, sont endémiques. Ils sont à peu près les seuls animaux à avoir précédé les Vikings et leurs esclaves celtes, sur cette île, avec quelques rats et souris. 
Autre constat assez étonnant : Il n'y a aucun McDonald's en Islande, depuis la faillite de 2009. En 2009, McDo a décidé de fermer toutes ses succursales islandaises. Les Islandais n'avaient de toute façon pas un mode de vie compatible avec la grande chaîne. Personne n'a l'air de s'en formaliser ici. Il n'y a pas de McDo? Et alors? Il y a de toute façon des tas de restaurants locaux de burgers ici. Les cantines sont populaires. On en trouve partout, un peu comme au Québec. Les gens ont leur cantine favorite et ils y vont. Ce qui pullule, par contre, c'est Subway. Le marché laissé béant par McDo a été récupéré par la chaîne de sous-marins, et on en voit vraiment partout!
 Voici un peu d'Info sur l'absence de McDo (en anglais):

 http://bushostelreykjavik.com/last-mcdonalds-in-iceland

Bon. Il faudrait au moins que je vous raconte notre journée un tant soit peu. Elle a été riche en rencontres, en visites et en anecdotes et  constats. 
Nous avions réservé cette excursion avec Grey Line avant de partir. Elle commençait à 9h00 pour se terminer vers 18h00. Même si plusieurs d'entre vous ne raffolez pas des voyages de groupe, je vous dirais qu'une fois de temps en temps, c'est amusant et enrichissant. Surtout si ce n'est pas une excursion de têtes grises seulement. J'ai rien contre les personnes âgées là!  Mais c'est pas le même genre de tourisme que celui que je pratique,  c'est tout.
Dès le premier arrêt de bus, nous nous sommes liés avec un couple de Hongrois vivant maintenant en Angleterre (dans le Surrey). Lui a 35 ans, c'est un ancien joueur de hockey de l'équipe nationale hongroise (oui oui! Pour de vrai! Il a même parlé du retour possible des Nordiques avant nous!) recyclé en chef dans un resto français du UK. Elle a 38 ans, elle était auparavant acheteuse de vêtements de luxe (elle voyageait à Milan, etc. pour acheter et rapporter le tout en Hongrie) et surtout nageuse professionnelle (sans blague, c'est vrai!), et travaille maintenant comme serveuse en améliorant tranquillement mais sûrement son anglais. Coup de coeur et "age appropriate" en prime! N'est-ce pas fantastique? 
On a donc visité les sublimes Golden Falls (chutes de Gullfoss) ensemble, qui transcendent un paysage escarpé des plus fabuleux. L'Islande, c'est aussi ça. C'est un sol hostile, rempli de failles, de volcans, de geysers, de thermes bouillonnants, de glaciers, de roches volcaniques qui rendent le sol non cultivable par endroits. 

On a aussi été à Tingvellir, un parc en processus de devenir patrimoine mondial de l'UNESCO. On y trouve encore une jonction de deux plaques techtoniques, donc une faille assez impressionnante. Ce parc est aussi le siège d'un des premiers parlements de l'histoire de l'humanité, il y a de cela plus de mille ans. À cette époque, le parlement siégait pour décider des règles de conduite à suivre, et pour sanctionner les coupables. Par exemple, pour un délit d'adultère, les femmes étaient noyées dans la rivière adjacente, tandis que les mâles, eux, se faisaient couper la tête. Je ne sais pas lequel des deux sorts serait le moins douloureux/terrorisant. hahaha. Aussi bien de ne pas commettre l'adultère, dans les faits, pour éviter ce genre de problèmes.
Puis, Geysir a été un arrêt assez intéressant, car on peut y voir un geyser éclabousser en fou tout ce qui se tient à proximité  à toutes les 8 minutes environ. Je n'avais jamais vu de vrai geyser. Je sais qu'il y en a en Amérique, comme à Yellowstone Park, mais je n'avais pas eu cette chance d'en voir en action. Ma foi, ça splashe pas à peu près. Ça surprend, en tout cas. On nous a expliqué que l'eau, bien que chaude, n'est pas bouillante, car elle se refroidit rapidement en remontant à la surface. N'empêche, il faut quand même essayer de ne pas se placer face au vent lorsqu'on observe un geyser. Car on peut se faire poivrer de façon phénoménale. Ça ou tomber dans une piscine, je crois que c'est pas mal la même résultante, voyez-vous. Et croyez-moi, on en a vu se faire poivrer bien comme il le faut. Des petits entêtés qui veulent une photo coûte que coûte.
J'ai une preuve, là. J'ai une vidéo:



Après Geysir, on a visité une petite église perdue dans un décor de carte postale. L'église a été commanditée par toute la Scandinavie dans les années 50. Même les Iles Féroé ont fait un don à L'Islande pour sa construction. 
Et finalement, nous avons eu une mini visite de la plus grande station géothermale de l'Islande. Toute l'eau chaude de L'Islande, de même que l'électricité, provient des volcans. Même les rues dont chauffées à l'eau chauffée au magma, ce qui fait fondre la neige. Ils creusent entre 1.5 et 2.5 km pour atteindre les nappes phréatiques chaudes à cause de l'activité volcanique. 3000 km de canalisations  faites par gravité  couvrent le territoire de Reykjavik, incluant rues, trottoirs et maisons.
 C'est une énergie propre, acheminée dans les maisons d'une façon ingénieuse. L'eau est si chaude qu'elle doit même être refroidie avec de faire son chemin. C'était franchement impressionnant de voir tout ça. Découvrir la conscience islandaise en lien avec l'écologie est un must de ce voyage.
On voit ceci partout. Il n'y a pas de pollution, il y a beaucoup de recyclage, un système de production d'énergie verte... Nous sommes allés prendre un café et un dessert dans un petit endroit à Hafnarfjördur ce soir, appelé Pallett, et en y entrant, j'ai compris le pourquoi du nom. Il s'agit d'un café entièrement basé sur la récupération. Les étagères sont faits de palettes recyclées, tous les meubles sont disparates, provenant de débarras, aucune chaise n'est identique, aucune vaisselle n'est agencée... Il s'agit en fait d'une brûlerie entièrement décorée de meubles en deuxième vie. Si c'est pas ça avoir une conscience écologique, je me demande bien c'est quoi. Mais le tout forme un tout renversant, dans la pure lignée des décors scandinaves épurés et élégants. 
Coup de coeur "big time", sans contredit. 

Demain, nous devons nous lever tôt, car nous reprenons les routes, cette fois par nous-mêmes, pour sillonner la côte Sud jusqu'à Vik, au pied de volcans et glaciers célèbres. En soirée, si on revient à temps, on va revoir nos nouveaux amis hongrois en ville pour un drink ou deux. Eux repartent en Angleterre jeudi, donc c'est notre dernière chance de les croiser. Curieusement, ils feront à peu près le même parcours que nous demain, mais eux ont pris une excursion organisée. On risque donc de se croiser sur les sites, qui sait!

Je vous laisse en vous disant que je pourrais facilement me passer de McDo toute ma vie si je pouvais me "clairer" des clisses de moustiques voraces. C'est un "no brainer". Mais Éric, lui, il s'ennuierait de ses Mc Saucisses (yark yark yark!)

Ah oui. Et "foss", en Islandais, ça veut dire une chute. Mais en Hongrois ça veut dire de la chiasse molle.
Donc nos amis couchent à L'hôtel Island foss (chute d'Islande, mais qui dans leur langue maternelle veut plutôt dire chiasse molle d'Islande. hahahahah) . Sorry, je la trouvais marrante. 




  Tingvellir National Park
Tingvellir National Park (la fameuse faille entre les deux plaques techtoniques) 
Tingvellir National Park (encore la faille)
 
Tingvellir National Park
 
Tingvellir National Park
 
Premier aperçu de Gullfoss (La chute dorée)
 
Gullfoss
 
La puissance de Gullfoss
 
Éric à Gullfoss (il a eu un petit- gros - problème de buée de lunettes pendant cette partie de l'excursion... Et a switché pour les lentilles cornéenes par la suite) 
Moi à Gullfoss... avec mes trois épaisseurs pour ne pas geler.
 
Fit fiouuuuuuuuuu le ti couple backpacker
 
Geysir. On voit la vapeur provenant des thermes.
 
On attend patiemment le geyser, qui surgit aux 5 à 8 minutes habituellement.
 
Paysage de film à Geysir
 
Ça bouille perpétuellement à Geysir
 
Encore un décor de film à Geysir
 
Au loin, un monolithe avec de la neige éternelle perdu dans les nuage, un petit bout de ciel dégagé (Ô miracle) et des traces d'agriculture. 
Église financée par tous les pays de Scandinavie
 
Modèle scandinave à 100%
 
Église scandinave
 
Petite chapelle scandinave avec un toit en tourbe. Trop cute!
 
Encore un décor de carte postale. 
Le relief si islandais
 
Turbine à la Centrale géothermique
 
Équipement de la centrale géothermique
 
Pallett Café... Des tables disparates, des chaises disparates, des palettes recyclées, dans une harmonie fabuleuse. 
 
Autre angle de ce café fait de meubles et accessoires en deuxième et troisième vie.
 
Le café est cher, mais à volonté. Et il est torréfié sur place.
 
selfie de bonheur après une journée bien remplie. 
 

lundi 7 septembre 2015

La diva

L'Islande est une diva.
Une vraie diva. Avec des sautes d'humeur. Avec des caprices. Avec une forte personnalité. Avec des froufrous. Avec des bling blings et des talons.
Elle décide de tout et ses joies comme ses colères sont monumentales! Il n'y a rien à faire pour l'éviter; elle nous en fait voir de toutes les couleurs depuis notre arrivée, et c'est ici que la valeur véritable du mot "aventure" prend tout son sens.

L'Aventure. Avec un grand A. 
Ce matin, au lever, un bout de ciel bleu nous attendait, comme une agace qui nous montrait son soutien-gorges, mais pendant deux secondes seulement, avant de remonter son t-shirt.

Maudit ciel enjôleur! Tu nous a fait planer l'idée que le temps de merde d'hier était bel et bien terminé. On était émoustillé par ton sublime arc-en-ciel qui trônait au dessus de la mer en éveil, comme lors des fins de films à l'eau de rose. 
C'était du bluff. Du vrai bluff. 

Et ensuite, tu as joué All-In, salaud!

Nous avions prévu un parcours superbe dans le parc de la péninsule de Reykjanes. On devait voir deux lacs, le site géothermique de Seltùn, les falaises de Reykjanesta, Grindavik, Le blue Lagoon (une des 25 merveilles du monde de National Geographic) et Brú Milli Heimsálfa (la faille entre les plaques techtoniques eurasienne et américaine).  La balade devait durer plusieurs heures entre vallons, lacs, plages de sable volcanique, etc. Nous n'avions AUCUNEMENT prévu le clisse de vent... Pas un p'tit vent cucu de Rimouski, là, nenon. Un gros clisse de vent de merde, pas froid, mais frette... Un vent digne d'une queue d'ouragan, ni plus ni moins. Et  nous n'avions AUCUNEMENT prévu la clisse de pluie non plus, froide comme un réfrigérateur "setté" au maximum, et à cause du clisse de vent, elle allait nous fouetter en pleine face toute la sacro-sainte journée.

CLISSE de CLISSE.

Mais, a-t-on aimé notre épopée dans les intempéries quand même ? Oh que oui! Chaque frisson, chaque mèche dans la face, chaque splouch de nos chaussures, chaque gerçure de vent, en a valu la peine à 300%. Parce que les intempéries ne devraient jamais au grand jamais contrer notre moral ni notre volonté de voir le monde. On doit apprendre à vivre avec les pays aux airs de diva. On doit accepter que la nature est plus forte que nous et que l'affronter en souriant vaut mieux que de la brailler en petite boule sur son sofa en pyjama rose bonbon. 

Et aujourd'hui, Eric et moi, on a décidé que la diva qu'est l'Islande, malgré sa méga saute d'humeur de la mort qui tue, n'allait pas nous empêcher de profiter de nos vacances scandinaves au maximum. Non non non! Et on a fait ça en riant comme des fous, sachant que l'on risquait non pas nos vies mais plutôt de perdre la face, simplement pour l'amour de vous rapporter quelques clichés périlleux. J'ai presque échappé mon téléphone cellulaire en bas de falaises, au moins deux fois, tellement mes mains tremblaient. J'aurai eu l'air fin, hein?

Déjà, ce matin, je ne sais pas qu'elle folie furieuse m'a prise de me maquiller comme une princesse. Qui, mes amis, se maquille avant d'aller faire du plein-air? Ben moi. Oui moi. Je plaide coupable. Je fais cela. Je me maquille pour aller au gym, pour faire du trekking... Alors, pour faire une randonnée en voiture, c'est certain que oui! Et aussi, je porte des bijoux. Même habillée comme pour aller pelleter, je porte des boucles d'oreille. Anyway, je ne vais jamais pelleter. hahaha

 Il n'y a pas que l'Islande qui est une diva, vous savez... (cough cough)

Donc, après s'être carrément fait fourrer par l'arc-en-ciel aguicheur, nous sommes entrés dans le parc, et avons tout de suite frappé THE mur de brume... Wow! C'était tellement agréable d'essayer de prendre des photos dans la brume. Surtout quand la pluie s'y mettait, en harmonie, synchronisée comme un métronome. Ben j'ai réussi pareil! Tiens la brume, tu peux aller te rhabiller, salope! Pied de nez au climat de merde. Ha ha! Marie-Eve and Eric for president!

J'ai quand même pris une douche froide de quelques heures pour arriver à faire de la photo. Même mes sous-vêtements étaient détrempés. J'aurais pu les tordre.

Nous avons d'abord passé les lacs, qui ma foi, étaient plutôt tristounets dans la grisaille, voir dans la blancheur ambiante. C'était sublime, ne vous y méprenez pas... Il fallait juste réussir à tenir dans le vent polaire pour pouvoir en profiter comme il se devait. Mais le blanc laiteux à perte de vue donnait un petit côté fantaisiste aux différents panoramas.
Arrivés au site de Selt­ún, il pleuvait maintenant à boire debout. Mais nous avons quand même arpenté les sentiers, tout tranquillement; même la pire pluie du monde ne pouvait cacher la grande beauté de ce site géothermique. Seltún, il s'agit de sentiers qui sillonnent des marres bouillonnantes. Le site sent le souffre à plein nez, mais les couleurs et les textures de l'endroit apportent une magie indescriptible à ce panorama. On aurait dit qu'on marchait au coeur d'un film de science fiction. Au diable le vent et la pluie, lorsqu'on a la chance d'être là où l'on est, tout simplement, et de vivre le moment présent. 
Avoir loué une voiture nous amène cette flexibilité. La possibilité de gérer l'horloge qui tourne à notre guise, sans le traumatisme de retarder un groupe.La possibilité de posséder le temps, carrément. De l'oublier. De croire qu'il s’égrène selon notre bon vouloir. C'est de la pensée magique, peut-être, mais ça fait du bien d'avoir l'impression de posséder les aiguilles de l'horloge. Ça nous fait croire pendant un instant que tout est possible, et notre coeur d'enfant prend le dessus sur les idées trop adultes qui nous assaillent au quotidien.

Tout le parc de la péninsule est splendide,croyez-nous. Si vous venez en Islande pour quelques jours seulement, il faut absolument commencer par ce parcours. Il est très représentatif de l'Islande, dans un condensé accessible à tous et toutes. Et je n'avais jamais vu rien de tel avant. J'en ai vu des parcs nationaux pourtant. Le parc de la Gaspésie, Le Bic, l'Inka Trail, etc.  Mais celui-là, c'est comme toucher le ciel un brin. C'est comme marcher sur la lune. C'est plein de lichens et de tourbe, de roches volcaniques noires comme la nuit, d'odeurs de souffre et de sel. Il n'y a pas d'arbres du tout.
Fantastique. J'ai dit ce mot au moins une cinquantaine de fois aujourd'hui.  

Après un copieux repas dans un mini resto de la ville de pêcheurs de Grindavik, nous nous sommes dirigés vers le Blue Lagoon. Nous avions une entrée à partir de 14h00 et nous avions terriblement hâte, pour deux raisons principales: 1) La beauté grandiose du site  et 2) Nous changer! Car nos jeans dégoulinaient depuis plusieurs heures, et même mes sous-vêtements avaient pris l'eau.

Je n'ai pas de photos d'Éric et moi dans la lagune bleue. Parce que ce n'est pas propice à y aller avec un cellulaire. Aucun risque à prendre. Ce que je peux vous en dire, c'est ceci: Vous ne devez JAMAIS au grand jamais venir en Islande sans aller au moins une fois au Blue Lagoon. Si vous le faites, je me permettrai de vous traiter d'idiots, parce qu'on ne peut juste pas manquer cela.  C'est une lagune chauffée par des termes. L'eau se renouvelle par elle même à toutes les 48 heures. Elle est à 38°C en moyenne et le site est ouvert toute l'année, été comme hiver. C'était absolument fantastique de relaxer dans l'eau chaude, tout en ayant la pluie glaciale qui nous tombait sur la tête. On peut se faire un masque d'argile. On boit un verre de vin en flottant. L'eau est bleu ciel, avec une fine poussière d'argile blanche.C'est de la joie de vivre brut, ça, mes amis. Éric n'avait jamais été dans un tel endroit et est devenu instantanément fou de la place. 
Quand on barbote dans ces eaux, on rencontre des gens. Des Français, par exemple, qui croyaient qu'Éric venait de Perpignan, vu son accent! héhéhé... Et des Espagnols, de Cuenca, qui nous ont piqué une agréable jasette en espagnol. Éric a utilisé son espagnol, et je l'ai vraiment trouvé bon. L'Espagne sera ajouté à notre Bucket List, par ailleurs. Ils nous ont convaincu. 

Après le Blue Lagoon, nous avons continué notre chemin vers Reykjanesta, mais n'avons jamais trouvé les fameuses falaises. Elles étaient peut-être perdues dans l'épaise brume de fin d'après-midi, qui sait. Mais bon, pas grave, on ne peut pas tout avoir. Nous avons terminé notre balade par la faille. Il s'agit d'un endroit où l'on peut distinctement voir les deux plaques tectoniques de la région: La Eurasienne et l'Américaine. On peut même marcher entre les deux, car la faille est remplie de sable à cet endroit. Il n'y a donc pas de crevasse. Ce n'est pas vraiment impressionnant, mais ça termine très bien une telle journée. 

Nous sommes retournés à l'appartement nous changer, puis avons roulé jusqu'à Tacobarrin, un restaurant de tacos islandais que nous avions trouvé sur Tripadvisor. Un margarita, des nachos maison avec une salsa à la coriandre plus que décadente, et le trio tacos du jour: un au poisson, un au poulet et un à la citrouille, entièrement végétarien. Miam miam! C'était divin! Et le service était exceptionnel. En général, le service est hors-pair ici. C'est franchement une marque de commerce du peuple islandais. Il est attentionné.

Au retour à la maison, Disa et Gunnar, les propriétaires de l'appartement que l'on loue, sont venus nous faire un petit coucou. Quel couple intéressant! Ils sont restés une heure à bavarder avec nous de l'Islande, du fait que Hafnarfjordur est supposément la capitale mondiale des Elfes, du fait que dès que quelqu'un se fait voler son portefeuille, c'est quasiment en première page des journaux, du fait que la population est si petite que si tu veux revendiquer, tu connais tout le temps quelqu'un qui connait quelqu'un qui connait un autre quelqu'un qui connait le président. du fait que les seuls arbres de l'Islande sont probablement ceux de leur jardin, etc. Disa est architecte. Elle possède sa propre firme, et fait des immeubles très modernes, que l'on peut voir sur sa page facebook au nom de EON Architecture. C'est assez fascinant, et la femme est tout aussi fascinante et spectaculaire. Elle a une personnalité pétillante, et est franchement amoureuse de sa culture. Gunnar, lui, il est terre à terre et pragmatique. Il est aussi le cuisinier en chef chez eux, car madame est trop occupée. 

L'appartement que l'on loue est truffé de charmants détails. Des atlas détaillés, des oeuvres d'art islandaises modernes, etc. 
C'est certain que si on revient ici un jour, on va tenter de louer le même endroit, On s'y sent déjà chez soi. 

Petit update important: Éric connait maintenant son nip numérique. Il a compris la leçon. Fiou.  

Voici quelques photos prises aujourd'hui:
Sale arc-en-ciel hahahah

Arc-en-ciel agace
 
Lichens et tourbe, sur roches volcaniques
 
Kleifarvatn: un lac aux plages noires (sable volcanique), dans lequel supposément vit le petit cousin de Nessie. Éric dit qu'il a vu le monstre, mais il est tellement myope qu'il ne faut pas le croire.
Vue sur les rochers.
 
Vue depuis une falaise. Il vente, c'est brumeux, c'est froid comme l'hiver... mais quelle vue!
 
Une autre plage volcanique  
Au début de la crise de diva de L'Islande 
Pendant la crise de diva de l'Islande
 
Après la crise de diva de l'Islande MDR 
J'aime le danger.
 
Seltún et ses vapeurs soufrées 
 
Seltún
 
Seltún
 
Seltún
 
Seltún 
 
Seltún
 
Seltún 
Seltún 
 
Traverse de moutons! Ouiiiiiiiiii ! Mélanie D. j'ai pensé à toi!
 
Sol lunaire, mais recouvert de lichens et de tourbe. Du bonbon pour les yeux!
 
Avoir l'impression d'être au bout du monde, et d'être seul avec soi-même. C'est un peu ça l'Islande.
 
Les strates de couleurs: noir charbon, vert tourbe et blanc champagne
 
Une autre plage noire.
 
Pourquoi pas, hein ? :D 
Blue Lagoon (partie non aménagée) 
Blue Lagoon (partie non aménagée)
 
Blue Lagoon (partie non aménagée)
 
Blue Lagoon (partie non aménagée) 
Pont séparant deux plaques techtoniques 
 
L'explication de la chose
 
Vue sur les deux plaques et la faille remplie de sable noir 
La faille 

Tacos! miam miam miam! Et un Margarita bien serré!