dimanche 27 mai 2012

C'est ça la vie

C'est ça la vie ...
C'est avoir une routine.
C'est des gens que l'on croise à tous les jours, beau temps mauvais temps.
C'est la famille.  Coûte que coûte.

Ce sont des moments où l'on se bidonne en regardant la télé, tard le soir.
C'est l'heure du thé. L'heure du thé à tout moment.
C'est l'attente d'un bus un brin en retard.

Ouais. C'est tout ça.
Et +++.

Ça fait quelques jours que je vis une douce routine ici. C'est ce que je voulais. C'est ce que je planifiais. Je ne me sens plus pressée de tout voir, de tout goûter. Je veux juste respirer au rythme turc pour encore quelques jours, avant d'aller m'endiabler les neurones dans la trépidente Istanbul, d'où je vous donnerai moins de nouvelles, du moins pendant une semaine.

Donc, le super plan, c'est de rester  à Sakarya jusqu'au 2 juin. Le deux, je pars pour Istanbul retrouver des amis, dont un ami égyptien qui voyage avec un autre ami pour une méga scéance de magasinage, comme il fait à chaque année, et aussi (surtout) m'isoler pour écrire, ce que je n'ai pas fait depuis des siècles. Je me l'étais promis; je vais prendre le temps de le faire. Je resterai là-bas jusqu'au 8 juin, jour où ma belle petite Hend arrive du Caire sur Egyptair pour passer les derniers jours de mon aventure avec moi. Ça va passer follement vite ! Je suis déjà surprise qu'une semaine se soit écoulée depuis mon arrivée.

Depuis trois jours, je peux vous dire que je fais le "pacha" à l'appartment de mon amie, regardant la télé, sortant en fin de journée pour visiter des amis, etc.
Je vous avais parlé de ma visite à la faculté des Religions, jeudi dernier. Nous y sommes retournées, Özlem et moi, ce vendredi, pour obtenir les livres promis. Trois jeunes chercheuses en religion nous ont reçues. Les trois, habillées de vêtements traditionnels islamiques (voile, long manteau par dessus une jupe et un pantalon), nous ont offert un rafraîchissement dans leur bureau. Nous nous sommes mis à parler de tout et de rien, de leurs études, d'Istanbul, de choses de girls, d'où les trois provenaient, de leurs voyages, puisque les trois avaient peaufiné leur spécialité à l'étranger... L'une des filles était spécialisée en Études Juives, la deuxième en Psychologie des Religions et la troisième en Interprétation Coranique. Trois champs totalement différents, évidemment. L'une des filles, Merve, a particulièrement fraternisé avec moi, et comme elle savait que je retournais à Istanbul en fin de voyage avec mon amie égyptienne, elle m'a invitée à l'y rencontrer, histoire de faire un peu le tour des grandes mosquées de la rive asiatique d'Istanbul, rive que je ne connais à peu près pas. L'invitation est alléchante. Je crois que je vais l'accepter. Elle est charmante et souriante, et j'aimerais mieux la connaître.
En sortant de la faculté, vendredi, il était près de 17h, mais nous avions rendez-vous avec Nurdan pour une dernière bise avant son départ pour le mariage, à 20h. Özlem et moi avons donc décidé d'aller se promener dans un marché intérieur pour zyeuter la marchandise, puis d'aller s'écraser dans un café du centre-ville pour dévorer un Kumpir, la fameuse patate garnie turque, un fast food des plus prisés. Cihan, le cousin d'Özlem, est venu nous y retrouver. Il est professeur au primaire dans un village de la province, mais vient en ville les fins de semaines pour des fins d'études. Il est à la maîtrise. Le garçon est vraiment gentil. Je le connais depuis septembre et à chaque fois que je le vois j'apprécie beaucoup sa délicatesse et son sens de la courtoisie. Il vient donc nous retrouver, on se marre en turk-lish et Özlem lui laisse ses clés pour qu'il puisse se rendre à l'appartement. Il dormira dans le salon, cette fin de semaine, car c'est moi qui a la chambre d'invités. Özlem l'héberge tout le temps lorsqu'il est à Sakarya. C'est l'hospitalité turque.
Puis, on se rend chez Nurdan. Nurdan est fort heureuse de nous voir la binette. Elle se marie demain (samedi) et part pour Istanbul s'installer avec son mari dans le nouvel appartement de Pendik, sur la rive asiatique de la métropole. Nurdan semble nerveuse. Je lui demande si ça va et elle me raconte qu'elle est heureuse de se marier, mais inquiète pour la nuit de noces. Évidemment, tout ce qui touche aux relations intimes n'est pas vécu de la même façon, dans un pays plus conservateur et en Amérique. Nous, on a des acquis que les femmes ont ici seulement à la nuit de noces. Pas évident. On en parle donc un peu, à voix basse, elle, Özlem et moi. Je tente de faire de mon mieux pour lui confirmer certaines choses. Elle est soulagée de me parler. Ici, c'est un peu (beaucoup, à la folie) tabou, voyez-vous. J'ai l'impression d'être projetée vers une époque antérieure, soudainement. La sensation est étrange. Je suis comme une maman. Sauf que dans les faits, je n'en suis pas une. Je dois faire attention à ne pas trop donner de détails, car son mari pourrait penser qu'elle en sait trop et qu'elle n'est donc pas vierge. Mon petit côté féministe s'active; j'aime pas trop que des femmes soient laissées dans l'ignorance, comme si elles étaient stupides ou faibles. Cela dit, j'aime la douceur qui se dégage de cette conversation à trois. Il y a de l'espoir dans cette conversation. Et j'y crois. Je me rends compte d'une chose: chaque pays doit évoluer à son rythme. Si on pense faire de certains pays des clônes du nôtre, aussi bien abandonner tout de suite ! Les valeurs, même si elles semblent les mêmes, ne le sont pas toujours. Et on ne détient pas la vérité absolue, même si on le croit dur comme fer. La preuve: les manifs qui ne cessent pas, au Québec. Même chez nous, on doit changer des choses. Y'a pas juste au tiers-monde que ça fait dur.

Mon constat de la journée: Dieu merci, j'ai pas peur des gens ! Parce que j'en rencontre à la tonne, et certains sont terriblement enthousiastes à l'idée que je sois ici. Résultat: on m'invite partout, j'ai plein de nouveaux contacts facebook, j'ai des cadeaux, je bois du thé à n'en plus dormir, et je dois surtout me forcer le cul pour parler une langue terriblement ardue car ce ne sont pas les Turcs qui vont me parler dans la langue de Shakespeare. La plupart n'ont aucune connaissance des autres langues. Donc merci merci merci mon Dieu, je suis à l'aise avec le monde. :D


Qu'est-ce-que j'ai fait en fin de semaine ? J'ai végété. Agréablement végété. Samedi soir, j'ai trouvé un feed pour regarder Lucian se faire battre en 5 rounds (pas de détails, tout a été dit dans les médias) et j'ai aussi vu la finale de l'Eurovision à la tivi avec Cihan, Endam et mon couple d'amis. L'Eurovision, c'est un concours annuel de chant où chacun des 42 pays participants (presque tous de l'Europe, plus Israël) présente un candidat et les gens de toute l'Europe peuvent voter pour leur préféré. C'est interdit de voter pour son propre pays. Les numéros sont... disons-le, assez variés en talent et en qualité. Cette année, un pays se démarquait par... son audace : La Russie avec les Babuchkis (grand-mamans) chantantes.

http://www.youtube.com/watch?v=WKNRGc71hjc

Amusez-vous un peu à voir le numéro. Je vous laisse juger. Juste pour vous dire, les mamies ont terminé deuxième. C'est la zombie suédoise qui a gagné. La France, elle, avait misé sur la très connue Anghun pour son concours, mais s'est royalement planté car aucun pays n'a placé Anghun dans son top 10.  Assez gênant !
J'ai aimé le numéro de la Roumanie, qui chantait en espagnol, bizarrement...

http://www.youtube.com/watch?v=uEwJrFmMxrg

On s'est fait une p'tit party "Eurovision" chez Özlem, avec toutes les cochonneries à bouffer possibles. C'était en Azerbaïdjan, cette année... Et étrangement, je comprenais leur langue ! J'ai dit à Alper: "Pourquoi les présentateurs parlent turc, en Azerbaïdjan?" Et lui de me répondre: "Non, c'est leur langue. Mais c'est une forme de turc. Comme en Ouzbékistan, au Turkménistan, etc. Si tu parles le turc, tu peux comprendre ces autres langues si tu te forces"...

Je peux vous affirmer qu'il disait vrai. J'ai compris tout le long l'Azri (l'Azerbaïdjanais). Là, pour une minute, je me suis trouvée cool de pouvoir comprendre ça.  Mais bon, après je me suis dit que j'avais pas rapport avec ma fierté bidon. Une langue, c'est une langue. C'est juste de la communication. C'est de la mathématique avec une touche d'influence contextuelle... Moins qu'on pourrait le penser, d'ailleurs.

Endam, la nièce d'Alper, a 13 ans. Je la connais depuis septembre. Hier après-midi, bien avant le concours de l'Eurovision, Özlem travaillait et Alper et Cihan voulaient aller en ville dans un salon de Playstation. Je lui dis que je reste ici, mais il craint que je ne m'emmerde royalement. C'est mal me connaître, mais bon...   Vingt minutes après son départ, ça sonne à la porte. Mon coeur passe à un battement près de s'arrêter. Je me dis: "J'espère que je sais c'est qui parce que sinon, avec mon turc de merde, j'ai pas fini de ramer". J'ouvre. C'est Endam. Il m'avait envoyé Endam pour passer l'après-midi avec moi. Elle était ma gardienne, en quelque sorte. Pas évident, par contre, de rester avec une jeune fille de 13 ans qui ne parle pas anglais. Mais ça s'est bien passé, car elle a bon coeur et elle est simple. On a donc écouté de la musique. Elle m'a fait jouer ses favoris: Justin Bieber, Demi Lovato, Michel Telo et Selena Gómez, et tiens, du Adele, pourquoi pas ! :) On a revisé sa pièce de théâtre ensemble, car elle a sa première représentation mercredi soir. On a regardé des revues.

Aujourd'hui, dimanche, c'est un tout autre jour. Nous sommes allées au Lac Poyrazlar pour faire un pique-nice de fin d'après-midi. Il faisait beau soleil, ce n'était pas trop chaud, et ici, en Turquie, les familles sont très unies, en général, et aiment passer du temps ensemble la fin de semaine. Les rives du lac étaient truffées de familles qui bouffaient au grand air. On riait, Özlem et moi, car on disait qu'Alper pouvait remplacer Charlie dans "Charlie et ses drôles de dames". On était cinq fille de 13 à 39 ans... et Alper. De la moins âgée à la plus âgée, il y avait Endam ,13 ans (la nièce d'Alper, fille de Meryem), Tügçe, 20 ans, (la soeur d'Endam), Özlem, moi, et finalement Gaye, la soeur de Alper, 39 ans. Ici, c'est la tante et l'oncle qui trainent les nièces. La maman des jeunes filles n'était pas là. Alper, dans le fond, est un jeune oncle. Il n'a que 29 ans. Les petites de Meryem le considèrent comme leur frère, carrément. Et lui s'en occupe beaucoup, surtout que Meryem, comme Gaye, est divorcée et le père est absent. Alper s'est donné un rôle. Il va au docteur avec les filles, il leur donne des lifts, il les chicane, il les caline comme des gamines, même si elles ne le sont plus vraiment. Et elles adorent carrément leur oncle. C'est un "mononcle à la page", Alper. Il l'a, l'affaire.
Bref, pour en revenir à notre escapade au lac, on aurait dit un sultan qui trainait son harem en vacances. La petite Ford Escort était chargée au max: quatre femelles en arrière, une des nièces en avant, et Alper qui chauffait. Un stuck à barbecue complet dans la valise (bouilloire, plaques à griller, bois pour faire un feu, les ustensiles, les verres, la viande, la liqueur, les jeux de société, etc.) On faisait une cute petite famille typique. Même moi dans le lot, j'avais l'air d'être de leur famille. D'ailleurs, même les nièces m'appellent Marie abla. Ça veut dire : Grande soeur Marie. C'est un signe de respect, et habituellement, c'est réservé à la famille. Je suis donc de la famille. :) Trop cool !

Au lac, c'était rempli de familles qui faisaient comme nous. Tout le monde grillait du poulet, de la saucisse à l'ail, préparait des salades, dégorgeait des aubergines sur le grill pour faire de l'aubergine à l'ail et au yogourt. Ça sentait très bon partout. Des oies erraient à à recherche d'un bout de pain. Des gens se promenaient en pédalo sur le lac. Ça jouait au frisbee. Nous, on jouait au okey. Les pique-niques, c'est partout pareil ! Qu'on soit à Central Park, au Parc Beauséjour ou au Lac Poyrazlar, on ne réinvente pas la roue. 
Je trouve amusant de voir des femmes voilées... avec un pantalon sport adidas faire du pédalo avec leurs petites filles. On ne s'attend pas trop à ça, quand on pense "femmes voilées", du moins pour une fille comme moi qui n'en a pas vraiment plusieurs sous le nez à l'année longue. Assez cool comme image de femme voilée. 


Ce fut une belle journée ! Comme d'habitude.

Je vous laisse avec quelques photos. Je ne suis pas dans le "très touristique", pour le moment. Je prends peu de photos, et c'est surtout des photos qui me parlent personnellement. Si vous les trouvez ennuyantes, je m'en excuse d'avance !  Elles ne sont pas dans l'ordre, c'est un "melting pot".


Bonne semaine à ceux qui bossent !
Bises xxxxx...

 Mosquée du quartier d'Özlem et Alper. Elle est bâtie sur un mini centre d'achat.

 Oie au Lac Poyrazlar

 Özlem (missed), moi, Gaye (But/Goal) et Endam (stature). Dans les parenthèses, c'est la traduction de leur prénom.
De la crème glacée biologique ??? Possible... mais j'en doute.

  Est-ce que ça pense, une oie ? Celle-çi semble en pleine réflexion.


Özlem et moi, au Lac

 Nurdan et moi, à sa soirée de Henné, dans un de ses quatre costumes traditionnels

 Superbe journée à errer à Sakarya. Les nuages sont magnifiques !

 Un couple ??? :)

 Une rose rouge flamboyante! C'est le temps des fleurs !

Tuğçe (20 ans), Endam (13 ans) et leur tante Gaye 

 Nurdan, belle comme un coeur à sa soirée de Henné

 Ce qui pend au miroir de la Ford d'Alper: Une protection contre le mauvais oeil, évidemment !

 La nièce et la tante en train de préparer le jeu de okey

 Mon amie Emel, posant dans les confortables fauteuils de la nouvelle école
de mon ami Emre: Gotta Talk!

Deux petites filles allergiques au soleil. La maman m'a donné la permission de les poser, car je les trouvais absolument originales, les cocottes !

 Soirée "Glamour" à Erenler, pour la nuit de Henné

 Nurdan, resplandissante à sa soirée de Henné, dans un autre costume

Non, mais des tomates rouges de même, je croyais pas que ça existait !!
 Pis elles goûtent exactement ce dont elles ont l'air. 

 Vous voulez de l'huile d'olive ? Quelle sorte ?

 La nature, telle que je l'aime... et un ballon perdu !

 Tsé, y'existe pas juste une sorte d'olive noire...
Y'en a vraiment beaucoup... Pis ici, ça se vend au kilo !

On est dans un pays où ça mange encore des fruits.
Résultat: les présentoires débordent ! C'est absolument délirant pour les sens!


 Mélanie, y'a pas juste toi qui capote sur les oies quand t'es en vacances ! Moi aussi !

 Les deux nièces sur le quai. Je les trouve superbes.

"Oui, je sais starter un feu"

Cadeau reçu à la soirée de Henné. Ce sont des noix et autres graines séchées.
Ici, ça remplace les chips, qui sont bien moins populairesque le maïs séché et les
graines de tournesol, véritables institutions des snacks de fin de soirée !

 Non mais quel contraste : Le foulard mais les chaussures décadantes avec la pédicure française !

 Özlem, qui prépare un "gözleme", un feuilleté de filo farcie au fromage, dans le p'tit resto de Gaye.


Une mosquée près du Ilahiyat Fakültesi.
Scène de la vie quotidienne avec la corde à linge juste à côté.

jeudi 24 mai 2012

Du henné et des prières

Bonsoir !
Il est 2:20 du matin et je dois vous parler de deux journées tout à fait différentes que je viens de vivre.

Premièrement, je vous raconte mon "hier". Hier soir, il y avait une soirée de Henné pour mon amie Nurdan, que j'ai connue en Août dernier. Nurdan va quitter Sakarya pour Istanbul. Elle se marie Samedi. Sa soirée de henné est d'une certaine façon son enterrement de vie de jeune fille. C'était bondé ! Wow! Déjà, Nurdan a changé de vêtements quatre fois pour enfiler à chaque fois une tenue traditionnelle turque pour différents moments de la soirée. Toutes ses tenues étaient grandioses. Ses parures de cheveux aussi. Et ses chaussures, oh la la ! Elle avait entre autre une superbe paire de chaussures dorées que j'aimerais bien avoir ! Il me semble que ça me ferait bien, des talons hauts dorés, pour porter en hiver au bureau avec mes collants noirs, ma jupe noire et un de mes hauts noirs. Que voulez-vous, j'aime être toute en noir avec un méga splash de lumière ou de couleur dans les chaussures. C'est mon style !

Alors donc, hier soir vers 20h30, Alper nous a "dompées" à Erenler, une des villes de Sakarya. En fait, Sakarya, c'est compliqué. C'est une province-ville. C'est comme une méga grosse ville, mais en fait c'est plusieurs villes amalgammées, un peu comme Québec avant les fusions municipales. Donc on avait rendez-vous avec 250 autres femmes à Erenler, pour la "soirée de femelles".  Nous avions décidé de sortir à quatre filles. Özlem et moi, évidemment, mais aussi deux ex-collègues de Nurdan: Arzu, et Anna. Pour vous mettre en contexte, Anna est une Polonaise de 6 pieds +++ avant les talons hauts et vivant ici depuis trois ans. Elle a rencontré son mec sur internet (ils avaient un ami commun) et ils se sont mariés. Elle travaille avec Özlem à BDM. Arzu est aussi prof d'anglais à BDM, et c'est tout un personnage. Elle est rigolote, et danse comme une déchaînée. Je l'aime beaucoup. Elle a de ces expressions faciales déconcertantes qui ne peuvent faire autrement que de provoquer des sourires.
Donc, nous, les quatre "chicks", chrômées à la puissance dix pour l'événement, on débarque avec nos robes et nos souliers à paillettes (J'ai vraiment des souliers à paillettes) à la soirée. Là, on danse (Anna et moi on se sauvait évidemment dès qu'une danse traditionnelle turque commençait... Vous savez, les danses en ligne et moi, on ne fait pas un ménage heureux, donc aussi bien d'abstenir!), on bouffe, on rebouffe, on redanse, on se fait poser avec la future mariée, on se brasse le gras de bedaine dans des danses du ventre endiablées... C'était super ! Une vraie belle soirée de filles, sincèrement.
Comme les hommes ne sont pas admis dans ces soirées, les femmes mettent leur robe la plus sexy et sortent leur talons bling bling ! J'ai vu des paires de chaussures absolument fabuleuses, et des pédicures françaises... sur des pieds de femmes voilées. Ça, c'est un choc culturel. Puis, Anna m'explique que les femmes, sous leurs vêtements islamiques traditionnels, portent souvent des sous-vêtements absolument afriolents, et des décolletés fabuleux. À voir l'entretien des pieds de certaines, je n'ai plus de doutes là-dessus. Alors robes éclattantes, sans manches ni bretelles, maquillage clinquant, chaussures décadantes... Ça rivalisait de féminité. J'ai grandement apprécié ce moment. Je ne vous conterai pas ce qu'est une soirée de henné, car je l'ai déjà fait en septembre 2011, lors de mon précédent voyage. Vous pouvez en retrouver le récit sur ce blog. Mais je vais vous dire une chose: Quand le futur marié entre dans la pièce pour sa partie de la soirée, je me mets à sa place; il doit capoter ! Les lumières ont été fermées, et il ne voit que 250 chandelles allumées, des bling blings de robes et de chaussures dans la lueur de celles-çi, et entend d'une seule voix toutes ces femmes chanter un hymne traditionnel en tournant autour de lui et de sa future femme. Puis, surprise ! Les lumières s'ouvrent, et là, il voit de ses yeux de mec toutes ces femmes en parures colorées, avec un mini-voile qui le scruttent. Ça doit être assez intimidant, surtout qu'il est le seul homme. Un coq dans un poulailler ? Hum... Plutôt une aiguille dans une botte de foin. Il doit se sentir "assez perdu merci!". hé hé hé.

Dans un tout autre ordre d'idées, aujourd'hui a aussi été une journée forte en découvertes et constats. Je vous explique. Je m'étais promis une journée axée sur l'Islam pendant ces vacances. Pourquoi ? Parce que je tente de mieux connaitre ce pays depuis longtemps, mais je me suis rendue compte que je n'avais pas les connaissances religieuses nécessaires pour bien en saisir l'essence. Alors, j'en ai parlé à Özlem avant de voyager et elle a concoté un plan pour moi. On allait partir en quête d'infos en anglais sur l'Islam. Vous savez, pas ce genre d'info qu'on trouve sur internet. Nenon, je voulais principalement des resources qui pourraient m'expliquer des trucs si j'ai des questions. Des gens plus qualifiés que mes amis pour le faire. Donc, premier arrêt, le Müftülük.
Le Müftülük, c'est en fait un département du Ministère Islamique, c'est à dire celui qui s'occupe principalement de ce qui touche à l'Islam en Turquie. Ils sont en quelques sortes des guides spirituels, et ils dirigent les gens ayant des questions vers différentes ressources. Ils peuvent aussi octroyer des certificats pour les Turcs voulant aller à La Mecque, car vous savez peut-être qu'aucun non-musulman ne peut entrer en terre sacrée. Il faut donc une preuve.  En arrivant là-bas avec Özlem, elle demande le secteur des femmes. Ce qui est bien, c'est qu'ici, ce sont des femmes qui répondent aux femmes, et des hommes qui répondent aux hommes. À la base, c'est bien moins intimidant. Alors on se présente là et on nous accueille à bras ouverts. Özlem explique que je suis une Canadienne intéressée par la Turquie, mais qui n'a aucune connaissance valable sur l'islam. Les dames semblent ravies que je m'intéresse à leur religion. Souvent, les étrangers ont un regard de peur sur l'Islam, car ils n'en connaissent que ce qu'ils ont vu à la télé, et pensent que tous sont fanatiques. Alors, ils me trouvent rafraichissante. C'est le mot utilisé. Cependant, les dames du Müftülük n'ont pas de livres en Anglais à me prêter. Nous sommes à Sakarya, et comme je vous ai déjà expliqué, il ne pleut pas des étrangers, ici. Cependant, on nous dirige vers la Ilahiyat Fakültesi. C'est la faculté des Religions de l'Université de Sakarya. Quelle bonne idée ! Là-bas, nous rencontrons premièrement un Professeur très imposant qui est ravi de me recevoir. Il appelle un collègue professeur spécialisé en Chrétienneté (ce dernier a étudié deux ans à Chicago un post-doctorat en Chrétienneté)  et on prend le thé, on jacasse. ils me trouvent un livre de base en anglais dans leur fouilli de profs d'université occupé... Puis, le premier professeur a l'idée d'appeler un collègue à Istanbul. Ce dernier est ravi et a plusieurs livres pour moi. Il les a donc envoyé sur l'autobus ce soir et le Professeur ira les chercher demain à la centrale. Je retournerai donc avec Özlem à l'Université demain après-midi pour les prendre. Non mais, quelle bonne idée que de venir rencontrer les sommités du département d'études islamiques. Comme ils  ne sont pas habitués à avoir de la visite de l'étranger, ils ont déroulé le tapis rouge. Aussi, le deuxième professeur m'a présenté à son collègue, Un professeur spécialisé en interprétation coranique. Celui-là, c'est le pluggé de la gang. Il me dit: "Si tu as des questions, il te faut des contacts, qui idéalement parlent anglais, et ça tombe bien, j'ai plusieurs amis"...
Il écrit à un collègue en Australie. C'est un ancien professeur de l'Université de Sakarya devenu une sommité mondiale en matière d'interprétation coranique. Il enseigne présentement dans une université de Melbourne aux Études Islamiques. Son collègue me donne la permission de le contacter pour toutes questions. Aussi, il me fournit l'adresse email d'un imam de Kitchener, en Ontario, en me disant qu'un contact au Canada n'est pas de trop.
Je comprends par tout cela qu'il aime l'idée que j'étudie leur religion, et qu'ils espèrent aussi que mes recheches culmineront vers une conversion de l'Islam. Disons que c'est pas mon but. Cependant, j'apprécie leur dévouement.

Je suis plus que servie dans ma quête de mieux comprendre ce pays. J'ai rencontré des gens très généreux et aidant. Mais ce n'est pas tout...  Özlem m'annonce qu'aujourd'hui, c'est un jour spécial dans l'Islam. C'est le début du mois de Recaip. Ça commence par les célébrations en Mosquée du Recaip Kandili.  Ça sonne le coup d'envoi des trois mois les plus saints de l'Islam, culminant en juillet par le mois du Ramadan. Alors, j'apprends que Gaye, la belle-soeur d'Özlem va à la mosquée ce soir avec Alper, le mari de celle-çi. Mes yeux brillent. Özlem le sait. Elle me dit avant même que je demande: "Tu veux y aller aussi, hein?" Et moi de répondre: "Est-ce possible? J'aimerais voir la prière".  Özlem appelle Gaye et lui demande si je peux l'accompagner. C'est un oui. Je m'inquiète alors:" J'suis pas musulmane..." 
Il semble que ce ne soit pas un problème. La Mosquée est ouverte à tous. Je dois simplement faire les ablutions (le lavage de parties précises de mon corps) avant d'y aller, et me vêtir correctement. Je vais être en haut, dans la section des femmes, avec Gaye, et Alper sera en bas avec les mâles. J'suis contente. Je vais ENFIN voir de quoi ça a l'air,  une mosquée en prières. À Istanbul, comme il y a trop de touristes, ils ne laissent pas facilement entrer les non-musulmans pendant la prière. Alors je saisis ma chance. J'suis trop curieuse. Alper est ravi que je les accompagne. Vous vous demandez peut-être pourquoi Özlem ne vient pas avec nous ? Mauvaise semaine du mois. hé hé. Les femmes sont libérées de mosquée pendant cette période. Dans plusieurs religions, by the way. C'était la même chose en Indonésie dans les temples hindous.

Dix minutess avant de partir, je m'habille. Bas, leggings longs, une jupe ample, car je vais être assise par terre, un t-shirt sans décolleté ouvert et un boléro à manches longues. Je prends aussi mon hijab, car je dois couvrir mes cheveux. En Turquie, le hijab se porte à la mode paysanne. On plie le hijab en un triangle, et on noue les extrémités sous le cou. Les pans cachant notre cou, l'effet produit est très joli et esthétique.  Assez romantique aussi. Puis, Özlem vient avec moi dans la salle de bain pour me montrer comment faire les ablutions. Je lave mes mains, en premier, plus les bras, des coudes jusqu'aux mains. Ensuite, je lave ma bouche trois fois, mon nez trois fois, toujours en m'aspergeant de l'eau, les lobes et le creux de mes oreilles trois fois aussi, mon front et ma tête, et finalement les pieds... J'oublie peut-être quelque chose. Le cou? Özlem m'a tout fait faire, mais ça s'est passé rapidement. Puis, je noue mon foulard. Alper m'attend. Il porte une petite calotte ronde pour la prière. On passe chercher Gaye chez elle. Sa voisine vient avec nous.

En arrivant à la Mosquée, je laisse mes chaussures dans une étagère prévue à cette fin et on monte.

WOW ! Cette mosquée est sublime ! Elle est décorée d'ornements dorés et est multicolores. J'adore ! Les tapis sont rouge avec des grosses lignes bleues. Gaye m'explique que les lignes servent à indiquer aux gens où s'asseoir.  Certaines dames plus âgées, lorsqu'elles arrivent, viennent saluer toutes les femmes présentes, une à une, incluant ma personne. La première fois, je suis un peu surprise, mais Gaye me chuchotte "selam" (salut) et ça me rassure. Je croyais que la femme voulais me dire de fouttre le camp. En fait, personne ne se pose de questions sur ma présence ni sur mon habillement. Je ressemble finalement à toutes les femmes qui sont là. Certaines sont en jeans, mais la plupart ont une jupe comme la mienne. Leur âge est varié. Des enfants courrent partout. Ça, ce n'est pas différent des églises du Québec. Les enfants, peu importe où ils sont dans le Monde, n'aiment pas trop les célèbrations religieuses. Certaines mamans ont apporté des friandises pour les calmer, mais ça court et ça crie.
J'ai essayé d'imiter Gaye tout au long des prières (dua) et des prosternations (namaz). J'ai prié à ma manière, cependant. Étant non-musulmane, j'adhère quand-même à une religion monothéiste et je crois en Dieu. Alors, je me suis adressée à Dieu pendant toute la durée de la chose, demandant qu'on aide un ami qui vient de rompre avec sa dulcinée, ou encore en priant pour ma famille, pour que personne ne soit malade. Pour mon amoureux aussi. Je n'ai pas peur de dire que je suis croyante. Les gens dans mon entourage le savent depuis longtemps. Je suis aussi très curieuse de nature à-propos des grandes religions. J'ai déjà visité des temples bouddhistes en Inde, et j'ai même participé à la prière dans un temple balinais, aidé par la femme du prêtre, en 2009.  Au Mexique, j'allais souvent à l'église, et je faisais même partie de groupes de missionnaires.
Aussi,je pratique le yoga. Je ne le fais pas à des fins religieuses, mais plutôt méditative, et pour le bien-être de cette activité physique. J'ai fait plusieurs sessions d'Ashtanga yoga, depuis plusieurs années. Je connais donc les salutations au soleil. Hé bien surprise ! Le Yoga et le Namaz (les prosternations sur le tapis dans la Mosquée) se ressemblent énormément ! On se lève, on s'agenouille, on met le front au tapis, on répète le tout, on se lève, on met les mains au coeur... C'est très physique, une prière, dans l'Islam.  On travaille son cardio. Je suis ébahie de découvrir cela. On ne reste pas le cul pénard sur un banc en dormant au gaz. Nenon. On prie activement, c'est le cas de le dire. On a chaud. C'est de l'exercice. On doit mériter son ciel, ici. Et j'aime l'ambiance. On voit toujours ces images de prosternation à la télé, surtout lorsqu'on parle de fanatisme... Mais croyez-moi, ça n'a aucun, mais alors là aucun rapport avec le fanatisme. Les gestes sont tout simplement méditatifs. Et l'activité physique intense réchauffe le corps, le rend plus propice à la méditation, à l'intériorisation.
Je trouve aussi que les thèmes abordés ressemblent beaucoup à ce qui se dit à l'église. Les prophètes et personnages historiques sont les mêmes: Moises, Abraham, Jésus, etc. Les gens répètent en choeur les prières, les mains au ciel, comme pendant le Notre-Père en Amérique Latine. Ils ont à la main un collier de billes, qu'on pourrait aisément comparer à nos chapelets. On a perdu ces traditions, au Québec. On tient ici aussi nos mains jointes au coeur, un peu comme chez nous. On dit "Amin" (Amen) à la fin. Comme chez nous. Inutile de le nier, le Christianisme et l'Islam ont terriblement en commun.
Alors ma question est: Pourquoi a-t-on peur d'une religion si semblable à la nôtre ?
Ma réponse est simple: L'endoctrinement. Les gens chez nous ont peur de croire. Et les gens croient que la violence est enseignée dans l'Islam. Ce n'est pas le cas. Si certains groupes sont fanatiques, je peux vous garantir que la joie que j'ai vu dans cette mosquée n'a rien à voir avec ces idéologies. Du fanatisme, on en a partout. Le problème, c'est qu'on est obsédé par le fanatisme religieux. On ne parle jamais autant du culte du corps, ou de la folie matérialiste des pays occidentaux. Ou de la convergence médiatique qui manipule l'opinion publique. Non. On ne parle que de religion. Aussi, les gens ont cette idée que la religion doit être pratiquée à la maison.Je ne vois pas comment on peut vouloir individualiser la pratique religieuse, quand dans le fond, c'est la pratique communautaire qui la rend si enrichissante.

 Mon opinion: On ne peut pas croire à temps partiel. Ici, en Turquie c'est un pays laïc. Pendant les heures de travail, ça me prie pas. Les femmes ne portent pas le voile dans les institutions non-plus. Le résultat est le suivant: bien des femmes intelligentes mais voulant porter le voile ne travaillent pas, par choix. Elles préfèrent rester à la maison que de porter le voile à temps partiel. Je trouve que c'est un terrible sacrifice intellectuel que de perdre ces femmes, souvent universitaires, sur le marché du travail. Vous me direz: C'est macho, le voile. C'est la preuve. Peut-être bien, mais bon, le fait est que bien des femmes le portent par choix. Dans une même famille, une femme peut le porter, mais pas les autres. C'est le cas de mon amie Gülsüm, qui le porte, mais pas sa soeur.
Dans l'interdiction, on pense libérer la femme, mais on la pénalise souvent.

Bof. J'suis pas là pour vous convaincre d'adopter mon point de vue. Je ne suis moi-même pas musulmane. Mais je n'ai plus peur du tout de ce qui se passe "à l'intérieur", maintenant.
À la sortie, on nous a distribué des cornets remplis de bonbons. J'aimerais qu'on fasse ça dans les églises. Peut-être qu'ils attireraient plus de gens.

Ma journée "musulmane" est donc finie. J'ai beaucoup appris. Et j'ai beaucoup laissé tomber de préjugés. Ici, ce n'est pas l'Arabie Saoudite. Y'a pas beaucoup de femmes en noir, je n'ai vue aucune femme au  visage couvert (pas de voile intégrale, ou du moins à peu près pas). Et je n'ai pas sentie que je choquais quiconque avec ma face d'occidentale à la recherche d'infos.

Ah oui !!

Nouvelle du jour: le candidat turc d'Eurovision, le célèbre concours musical, s'est qualifié lors de la deuxième demi-finale, ce soir. Il va compétitionner en finale cette fin de semaine. Alper nous a promis un snack de la mort qui tue pour cette soirée de tivi européenne.

J'ai promis des photos. Elles suivront bientôt.

À plus !

mardi 22 mai 2012

Des poulettes, un tableau intelligent et des Angus...

Je viens de me réveiller sur la prière matinale qui m'a bercé doucement pour que mes yeux s'ouvrent. Il y a de ces moments récurrents et inaltérables, dans la vie, et la prière du matin en est un. Elle vient me chercher à chaque fois et me ronronne à l'oreille des mots que je ne comprends pas mais que je comprends quand-même.

Je vais me recoucher dans quelques instants, ça c'est certain, mais laissez-moi avant tout vous raconter ma journée d'hier. Elle a été longue, mais passionnante et remplie de fous-rires.

J'ai passé la journée avec Emel. Toute seule avec Emel. Ça veut dire: Prépares-toi Marie-Eve, tu vas parler turk-lish aujourd'hui. Emel comprend l'Anglais mais ne le parle que par obligation. Je comprends le turc et ne le parle que par obligation... Ensemble, nous confondons les septiques. On parle toute la journée dans un langage que nous seules comprennons.

Avant-hier, rappelez-vous que j'étais aussi avec Emel, mais j'avais Özlem et Emre avec moi pour faire la traduction. Là, ça allait être notre vrai test. Il n'était plus question de se faire traduire par quiconque, ni de simples conversations de trente minutes par Skype avec des tonnes de dictionnaires, comme elle et moi avions l'habitude de faire. Nenon, là, c'était la vraie vie, du face à face intensif et pour plusieurs heures... sans personne pour nous guider. Et le test allait être d'autant plus difficile que je faisais ma bonne action du voyage: du bénévolat. Emre a lancé son école d'anglais il y a un mois et il est en recrutement d'élèves. Pour trois jours, à Serdivan (un secteur de Sakarya), il y a une foire sur l'Éducation où universités et collèges se font la compétition pour attirer les élèves. Emre a monté un kiosque pour cette foire. Hier, Emel et moi étions en charge du kiosque pour attirer les clients, tandis qu'Emre restait dans les locaux de l'école pour les faire visiter aux prospects intéressés à le faire. 
Donc... j'allais non seulement devoir communiquer en turc avec la belle Emel... mais j'allais aussi devoir le faire avec des clients potentiels pour Emre.

Ça me fait plaisir de l'aider. J'admire son courage de se lancer en affaires dans un contexte difficile en Turquie présentement. Et le fait que je sois une étrangère allait attirer de la clientèle au kiosque, c'était évident. Ça, il le savait. Mais il n'osait pas me demander de l'aider. Alors je me suis imposée. ;) Et... j'ai eu un plaisir fou à le faire ! Vraiment.

Je dirais que j'ai pris de l'assurance, hier.
Avec Emel, c'est un succès. On a tellement ri qu'on n'était même plus capable d'arrêter, à la fin. Il faut dire qu'il y avait matière à rire.
Par exemple... Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas timide... Alors, j'ai expliqué ma stratégie à Emel. Je vais établir un contact visuel avec les gens de la classe d'âge qu'Emre vise et leur lancer un très joyeux Merhaba, et toi, tu peux commencer à expliquer le concept. Je sers d'appât, bref, et toi tu pêches...  Alors je teste ma tactique... Et ça marche. ahahahah ! Mais pas tout à faire jusqu'à la pêche. Emel me regarde en pleine action et rigole... J'établis le contact... et les mecs ralentissent, regardent le stand, font un pas vers l'avant (intérêt ??), un pas vers l'arrière (hésitation???), un pas sur le côté (OMG Une étrangère à Sakarya!!!!), et ils se sauvent en me répondant avec un large sourire. Je dis "ils", car ce sont les mecs qui font ça. Les filles, elles, elles viennent me parler et sont vraiment intéressées par le concept de l'école. Les mecs, eux, ils préfèrent dévisager l'étrangère. Donc oui, les gens voient le kiosque... Est-ce qu'on pêche des clients ??? Quelques prospects, oui. Mais pas tant que ça. :) Je dois changer de tactique.

Je dis à Emel: "On va laisser faire le "Merhaba", je vais dire "hello, do you speak English?" à la place...
Erreurrrrrrrrrrrrrrrrrrrr !!!!!!!!!!!!!!!!
Ça, ça confirme aux mecs que JE SUIS VRAIMENT UNE ÉTRANGE. ahahahah.
Et le résultat est le suivant: Ça attire la race "Angus-man", les paons *ou devrais-je dire les bovins?)qui sont tout SAUF des clients avec potentiel pour Emre ! Ils viennent, et comme des cons, ils pointent Emel en disant: turque et me pointent en disant: étrangère. Comme deux belles poulettes de luxe. "Moi je veux manger turc ce soir". "Non, moi je préfère bouffer canadien"... Pis ça se bombe le torse en passant devant notre "stand". Certains passaient même un peu trop souvant. hihihi. Emel m'a donc appris qu'en turc aussi, on dit le mot : poulette. Ça se dit "piliç", pout votre info. Elle me dit en riant, moitié en anglais et moitié en turc: "nous sommes vraiment les piliç de la place, aujourd'hui." Deux belles cocottes, oui. Mais tant qu'il y a des gens au stand, je suis contente, car il y a apparence d'achalandage. Et ce facteur nous a aidé. Nous avons pigé quelques spécimens de clients potentiels vraiment intéressés, parmi le lot d'angus men.

Il y avait une autre poulette sur le site, en fait... Dans le kiosque juste en face du nôtre, pour être plus précis... Un tableau intelligent.
Oui oui, un tableau branché à internet qui est informatisé. Emre aussi en a un, mais l'avait laissé à l'école. Mai l'école en face (qui offrait par ailleurs des cours d'Anglais comme nous) avait installé son propre tableau pour attirer les clients.... et sincèrement, quelle erreur de leur part ! Car au lieu d'attirer des clients de la plage d'âge voulue... ils attiraient les enfants qui voulaient tous essayer le bidule machin chouette.
Cependant, en milieu d'après-midi, coup de théâtre: ta-ta-ta-taaaaaaaammmmmmmm.... ta-ta-ta-taaaaaaaaaaaaaaammmmmmmmmmmm... Un Américain dont j'ai entendu parlé arrive. Il est ami avec Emre. Il vient saluer Emel, puis se présente à moi: "Salut moi c'est Eric." ... Emel lui demande : "Qu'est-ce que tu viens faire ici?" Il nous répond, sérieux comme un pape: "je viens voir le tableau intelligent". What the F... ???? Tu nous niaises, man ???? ahahaha

Parenthèse. Lui, c'est un Américain qui passe sa vie à se promener et à se trouver des jobs de prof d'Anglais un peu partout. Il est à Sakarya depuis environ un an et c'est le collègue d'Özlem à BDM et l'ex-collègue d'Emre. Il a la quarantaine, vient de l'Utah et parle avec un gros accent américain. Il me connait sans me connaitre, car on fait parti d'un groupe facebook similaire et il m'a vu sur le profile d'Emre.
Fin de la parenthèse.

Donc il vient POUR le tableau de l'autre école. On le regarde donc s'asseoir, s'installer bien confortablement le derrière, et observer amoureusement le tableau. Je dis amoureusement, car c'est tout juste s'il ne bavait pas d'excitation. Emel me regarde et me dit: C'est un peu frustrant à dire, cette piliç de tableau nous compétitionne...
Le temps passe... et l'Américain est toujours là. Une heure plus tard. Deux heures plus tard. Parfois il va faire sa marche, mais il revient toujours. Comme obsédé par le maudit tableau. Je comprends pas comment un tableau peut hypnotiser quelqu'un aussi facilement. Mesmer, sors de ce tableau !!! Je suis ébahie de voir toute la tendresse dans ses yeux lorsqu'il s'approche et se saisit du crayon intelligent, et se met à barbouiller son nom sur l'écran... et à faire un rectangle autour... et à déplacer le rectangle...
Simonac, on peut faire ça avec Microsoft Word !!!!!!!! Y'a pas à dire, il capotait !
Dans l'intervalle, notre Emre appelle sur le cell d'Emel... Elle lui raconte que son ami Éric nous donne un show depuis quelques heures, drette là en avant de notre kiosque. Elle me tend ensuite le téléphone et je dis à Emre: "Mon ami, je crois qu'Emel et moi on va avoir un Henna Night bientôt car il va y avoir noce entre l'Américain et le tableau intelligent.". Je le sens qui sourit à l'autre bout de la ligne.
Non mais, quelle passion pour un simple tableau ! Wow !

En résumé, la journée a été riche en niaiserie de ce genre. Je ne sais pas si Emel et moi avons réussi notre misson: aider Emre dans son recrutement. Cependant, on a bien rigolé. On s'est gavée de döner kebabs au poulet, de crème glacée au mastic et de cola. J'ai parlé en turc, du moins j'ai tenté ma chance. Les gens semblent me comprendre. S'ils ne comprennent pas, ils ne le montrent pas, du moins.
Je suis retournée à BDM en dolmus (mini-bus/taxi de ville) et j'ai assisté à la dernière classe de traduction d'Özlem, car j'adore le concept. Elle me place en équipe avec un élève et je tente ma chance. L'élève me corrige et je le corrige. Travail d'équipe efficace.
Puis, après le cours, nous sommes allés souper chez Sibel, la soeur aînée d'Alper. Elle nous avait préparé un vrai souper turc typique, c'est à dire: des köfte (boulettes de viande aux épices), du boulghour et des pommes de terre, avec du ayran (le fameux yogourt salé à boire) et ... du bon melon en dessert, avec le thé turc!!!!!! Le meilleur melon au monde est turc. Je vous l'ai déjà dit dans le passé. Là, je réitère.

Grosse journée, bref. Mais quelle belle journée ! Que de rencontres, encore ! Et comme vous le savez probablement peut-être, je ne voyage pas vraiment pour me prélasser sur une plage ou visiter des cathédrales, même si j'adore aussi le faire. Mon but premier, ce sont les rencontres. Et oui, je peux maintenant le dire sans gêne de passer pour une vantarde hautaine, oui, j'ai le don d'en faire de très belles. J'ai un don pour choisir mes amis. J'ai un don pour m'entourer de gens fabuleux.

Özlem, Emre, Alper, Sibel, Emel, et tous les autres... Je vous adore !

Bonne journée, les piliç !! (pis les coqs aussi).

lundi 21 mai 2012

La vacancière va à l'école

Je suis en vacances.
Oui.
Mais j'ai décidé il y a longtemps que j'allais accompagner mon amie Özlem à l'école. Elle travaille comme professeure d'anglais dans une école de langues et je suis la bienvenue dans cette école. Les boss passent leur temps à m'offrir une job. Si jamais je me retrouve sans emploi un jour, j'ai cette option... hihihi ! Mais c'est pas trop envisageable, disons-le. J'suis une femme mariée, moi !

Hier, j'ai donc transformé la vacancière que je suis en observatrice assidue à l'École BDM de Sakarya. J'ai rencontré les groupes de mon amie, et une groupe en particulier m'a pris en affection. Tellement que les élèves ont demandé que je revienne aujourd'hui. Alors j'y suis. Ils sont en examen présentement, alors je prends ce petit moment pour vous écrire. Ce matin, ils étudiaient les pronoms relatifs, et comme il y avait des phrases à traduire du turc à l'anglais, je me suis placée avec une élève charmante et on a fait équipe pour arriver à un résultat complet. Je pouvais l'aider en anglais, mais j'avais besoin d'aide pour comprendre les temps de verbe initiaux en turc. On a très bien réussi le devoir, ensemble. Özlem trouvait ça bien drôle !
Il faut comprendre que les cours de Özlem sont axés sur la grammaire et elle passe de l'anglais au turc. Comme je comprends l'exemple en anglais, je peux transposer mes connaissances de base à son explication du turc,et j'améliore follement mon turc de cette façon. Considérez que ma première partie de ce voyage sera en immersion, via l'école, entre autre. J'ai cette chance alors j'en profite.

Hier, après l'école, Özlem et moi sommes allées errer au centre-ville faire du lèche-vitrine. Mais le lèche-vitrine s'est rapidement transformé en immersion culturelle totale. Encore une fois, je suis dépassée par l'hospitalité des gens d'ici. Et comme Sakarya n'est pas très touristique... ils sont ravis de voir une Canadienne fouler leurs rues. Ici, je crois que les seuls étrangers sont Éric, Anna et Alex (trois professeurs de BDM). Je ne crois pas qu'il y en ait beaucoup d'autres.

Nous avons fait trois arrêts, dans trois boutiques différentes, et aux trois endroits, Özlem et moi avons été traitées en princesses. Premièrement, je voulais manger des loukoums (des bonbons turcs très particuliers). Nous sommes donc arrêtés dans la première boutique de loukoums sur notre chemin et les préposés nous ont fait goûter à à peu près tout en boutique. Ils étaient carrément impressionnés par ma présence, et voulaient que je sois bien. ILs m'ont donné un verre d'eau car il faisait chaud, ils ont pris le temps de nous expliquer la fabrication des bonbons, et nous sommes évidemment ressortis de la boutique avec une boite remplie de petits délices (Alper, le mari d'Özlem, allait être content, car c'est une bibitte à sucre).

Puis, nous sommes allées au bazar couvert et nous avons vu cette petite boutique d'antiquités. Comme nous aimons toutes les deux cette sorte de boutiques, nous y sommes entrées pour y découvrir deux personnes absolument géniales. Un homme, le propriétaire à la retraite, et sa fille, qui tenait boutique. Ils étaient tellement ravis par ma présence que le monsieur m'a mis de la musique turque traditionnelle pour me faire plaisir, on a bu le thé avec eux et ils nous a fait faire le tour complet de la boutique. La femme parlait très vite, et était très contente. Elle a appelé son jeune fils pour qu'il me montre son anglais. Elle m'a ajouté sans sa liste d'amis facebook. Elle nous a réinvités. Ozlem et moi irons sûrement de nouveau. J'ai acheté une jolie petite montrer sur une chaîne, à 7$. C'était vraiment une superbe expérience. L'homme, un retraité, m'expliquait dans un anglais assez surprenant qu'il avait deux passions: les antiquités, la musique et la radio amateure. Il a appris des bases d'anglais, de polonais, de français et d'espagnol en communiquant avec d'autres passionnés de radio autour du monde. On a eu un plaisir fou avec eux et on s'est quittés avec des bisous (la dame) et une bonne et sincère poignée de main (le monsieur). Encore une fois, je dois dire que je me suis sentie comme chez moi. J'ai l'avantage d'avoir Özlem avec moi, qui m'aide quand je n'arrive pas à trouver le bon mot en turc. Ça me permet de faire de fabuleuses rencontres, et elle aussi en profite, car elle n'est pas de Sakarya et connait peu de gens ici en dehors du cercle de collègues de BDM et de la famille de Alper.

Finalement, comme je veux en savoir plus sur l'Islam, Özlem voulait m'offrir un livre explicatif sur les concepts de base. Nous sommes donc entrées dans une librairie où quatre hommes étaient assis à boire du thé. Le plus jeune m'a tout de suite trouvé un ligne, pendant que le propriétaire faisait la jasette avec Özlem et moi. Il nous a expliqué qu'il venait de l'Ex-Yougoslavie et que quand il est arrivé en Turquie, il ne connaissait pas un mot de turc. Les Turcs l'ont aidé et accueilli comme un frère. Aujourd'hui, il parle très bien le turc (il m'a même pas d'accent, selon Özlem). Il a donc insisté pour m'offrir le livre, car comme il m'a expliqué, il sent qu'il peut ainsi contribuer à m'aider à apprendre la langue comme d'autres l'ont aidé à son arrivée. Je ne voulais pas accepter, mais il a tellement insisté que j'ai regardé özlem et elle a souri en disant: c'est formidable. Alors oui, j'ai formidablement accepté le présent. On a quand même ouvert la boite de loukoums pour en partager quelques uns avec eux et je crois qu'ils ont beaucoup apprécié cette attention.
Quoi qu'il en soit, je dois vous dire que je suis folle de joie de connaître la vie normale de Turcs normaux et que personne ne pourrait s'imaginer comme c'est simple et pas comme la télé le montre. On est loin des contrées extrémistes, ici. On est presque en Europe ! Presque au Moyen-Orient! Presque en Asie ! On est en Turquie, en fait, et c'est un peu tout ça, cette terre.

Je vais aussi revoir mon ami Emre cette semaine. Il est un ancien professeur de BDM. J'ai connu sa blonde (Emel) par internet et nous sommes devenues amies, moi et mon petit turc et elle et son petit anglais. Là, elle a pris le numéro d'Özlem et je ne sais pas ce qu'elles ont prévu, mais je crois qu'elles vont s'organiser pour que je puisse rencontrer Emel. Je suis assez excitée par l'idée. En même temps, ça m'inquiète, car elle ne parle pratiquement pas Anglais et je n'ai pas tous mes dictionnaires habituels. J'ai peur de paralyser et de ne pas me faire comprendre. Pourtant, sur skype, elle et moi on arrivait à converser.

Donc on verra bien ! Je vous en donnerai des nouvelles dès que cette première rencontre sera fait.

Je ne sais pas pourquoi je stresse, dans le fond. Je suis capable de rester avec des gens qui parlent à peine l'anglais, maintenant. Hier soir, je regardais les émissions de potins avec Alper, qui comme vous le savez grâce aux récits de mon précédent voyage, parle turk-lish, et non pas Anglais... Et on a bien rigolé. Je comprends très bien le turk-lish ! :D Et lorsqu'il est question de potins, ou de football, c'est facile de se faire comprendre. Donc lorsqu'Alper me dit un truc du genre: "Cette chanteuse, j'aime pas. Pas de voix et vêtements de pute", je rigole. L'humour n'a pas de frontière. Ou encore, sa meilleure: "Elle, homme... pénis coupe coupe"... Pour me parler d'une chanteur transgenre très connu en Turquie. Il était homme et est devenu femme... Comment ne pas rire avec un tel langage ? Impossible. Impossible et vraiment adorable.

J'aime beaucoup Alper. Il a un sens théâtral inné. Il a ce côté hyper expressive et très rassurant ! J'aime quand il me dit "chuuuuuuuuuuuut" et qu'il sort un paquet de cigarettes en cachette, lorsqu'Özlem est aux toilettes. Comme si elle ne savait pas qu'il fumait ! Il a tout ce qu'il faut pour me rendre à l'aise. Et il n'a pas peur que je ne le comprenne pas. À la base, c'est la clé du succès. Quand tu ne crains pas de parler devant quelqu'un qui apprend ta langue, cette personne a beaucoup plus de chance de réussir à comprendre. Tant qu'on ne me parle pas comme si j'étais attardée, ça va !

Je vous laisse, sur çe. Je vous reviendrai avec plus de détails sur mes aventures à Sakarya quand j'aurai du nouveau vécu. Pour le moment, je ne fais qu'apprécie la chance que j'ai. Mais des gens m'ont dit que j'avais créé ma chance moi-même en trouvant Özlem sur internet et en construisant une véritable relation avec elle.

Le mot de la fin: C'est vrai ! :)

samedi 19 mai 2012

Sur la route pendant plus de 30 heures...

J'y suis enfin.
Je suis arrivée chez Özlem aux alentours de 21h30. Je veux dire chez elle, sur le pas de sa porte.On est le 19 mai. Je suis arrivée à l'aéroport de Québec vers 5h00 du matin le 18 mai. Comptez aussi qu'il y a huit heures de décalage horaire avec Chicago, l'escale de ce périple.

Bon.
Les surprises de ce voyage ont commencé il y a quelques mois, quand j'ai décidé de voyager de Québec plutôt que de Montréal. J'ai eu un deal pour un billet, mais un des vols a été annulé par la suite, ce qui a remis en question la totalité de mon parcours. On m'a redonné un vol de Star Alliance, pour contrer le problème et rediriger ma route. Cependant, comme il y a peu de départs vers Québec, je me suis "ramassée" avec un vol Québec-Chicago (sur United) très tôt en matinée (arrivée à 9h55 à Chicago), et avec une attente de plusieurs heures jusqu'à mon vol de fin pm. 8 Heures d'attente, pour tout dire. Ensuite, je devais m'envoler sur les ailes de la très peu connue Lot Polish, vers Istanbul, avec un transfert à Varsovie.
La bouffe sur Lot Polish m'inquiétait particulièrement. Ça mange quoi des Polonais, d'habitude ? Du boudin noir au sarrasin, de la choucroute, des pâtes molasses farcies de viande et de chou, et des patates.
Ça me faisait craindre le pire.

Alors, le vol avec United s'est bien déroulé, mais c'était la première fois que je volais dans un jet Embraer... Je ne dirais pas que ce fut un succès. Chicago n'est pas appelée la ville des vents pour rien. L'avion tanguait d'un bord à l'autre lorsqu'il était temps d'aterrir. Oh la la ! Coeurs sensibles s'abstenir. Ça criait dans l'avion !

Puis, je devais passer l'immigration américaine en arrivant à l'aéroport O'Hare, et ensuite déposer mes valises sur un tapis de transit pour qu'elles se rendent vers mon avion de connecrtion. Problème problème ! Il était trop tôt, entre autre, pour un tel transfert. Et comme personne ne semblait trop savoir où me diriger avec mon sac, on m'a tout bonnement envoyé au terminal 1. Je pars donc du terminal 5 (international) au terminal 1 en sky train, peu convaincue. En arrivant au terminal 1, je me rends compte que c'est un terminal domestique... Là, je m'approche d'une préposée United qui commence à m'expliquer que je me suis trompée, dans un accent indien d'Inde prononcé à souhait.

"Nenon", lui répondis-je, exaspérée. On m'a dit clairement de prendre le sky train et de me rendre au terminal 1.
Elle continue d'argumenter que je me suis trompée, et moi de lui dire "nenon, j'ai suivi VOS instructions de VOS préposés United".  United... Rappelez-vous qu'il ne savent pas ce qu'ils font. Ouf !
Elle finit par me rediriger gentiment vers le sky train en sens inverse. Je retourne donc au terminal 5. Bon Yeu, j'ai juste un bagage à déposer! Pourquoi toute cette histoire pour un seul bagage ???  Il est déjà enregistré jusqu'à Istanbul, et j'ai déjà mes billets en main. Je fais rapidement le tour du terminal, et trouve les bureaux de Lot Polish, la compagnie avec qui je dois partir pour le reste du trajet. Théoriquement, ce sont eux qui devraient me ré-enregistrer. Mais leur comptoir est fermé jusqu'à 14h30. Et il est 11h. Galère de m.... !

Alors je vais diner chez McDo. J'avais le choix entre McDo, des pizzas grasses et énormes, du tex-nex douteux et des crèmes glacées. J'ai opté pour la valeur sure. :) Je m'installe sur une table, avec mon trio croquettes et mon mini-portable. Le wifi est .ÉVIDEMMENT payant à l'aéroport de Chicago, mais comme j'ai beaucoup de temps à perdre, je décide de payer le 7.50$ pour 24 heures qui était en promotion en cette belle  matinée. Alors je google, je facebooke, je skype... J'ai le temps en masse de regarder les gens passer. Ça tombe bizarrement bien, car des gens, il y en a à la centaine, et en plus O'Hare est sur un pied d'alerte. Il y a des chiens renifleurs de bombes partout, car Chicago accueille le Sommet de l'Otan sur L'Afghanistan et les participants arrivaient cette journée-là. Je ne me suis jamais senti autant en sécurité dans un aéroport. Avec une si longue escale, inutile de vous dire que j'en ai vu passé des convois de dignitaires ! Y'avait du bodygard en masse aussi... ;) Du bien beau monde.

Vers 13h30, je vais me poster pas trop loin des comptoirs de LOT. Je m'installe à côté d'un papi du Wisconsin qui vient porter sa petite fille à l'avion. Elle est jeune et part faire son premier gros voyage seule, en Italie. Elle attend que les comptoirs de Virgin ouvrent pour s'enregistrer en faisant la pose comme une mannequin devant grand-papa qui prenait des tonnes de photos. Parle parle jase jase... Je fais finalement la connaissance de toute la famille, et le papi me raconte qu'il a un ami, Tim, qui vient du Québec mais d'une ville plus petite que Montréal. Il me raconte qu'il veut mettre des photos de sa petite fille sur facebook mais qu'il s'est tompé et qu'il l'a pris devant le comptoir de Korean au lieu de celui de Virgin. Il a de la jasette, et ça tombe bien, aujourd'hui j'ai de l'écoute.  à 14h30 pile, trois heures avant mon supposé départ avec LOT, je peux enfin parler avec quelqu'un de la compagnie. La Polonaise, dans un anglais très cassé regarde mon sac déjà enregistré, et me dit... "Mais tu vas à Madrid ??? "

MADRID ???
EUH... NON.

"Istanbul, madame".
"Viens"...

Elle me regarde, perplexe.
Ça c'est inquiétant ! Oh la la !
Je suis donc cette grande polonaise un peu gauche avec une veste à épaulettes des années 80 jusqu'au comptoir principal, passe en avant de tout le monde, et rencontre la dame en charge. Elle regarde mes billets, part avec mon passeport, revient, regarde mon bagage déjà enregistré... Et elle me sort ceci: "L'avion que toi devais prendre avec nous écrasé hier et aujourd'hui un avion plus petit pour  remplacer autre. Overbooking... Toi, tu as billet, mais si toi accepte prendre autre vol, moi donner ticket à toi à autre personne et toi vol direct à Istanbul au lieu de Chicago-Varsovie et Varsovie-Istanbul. Toi plus confort."

Je répète doucement pour être bien certaine de comprendre...

"Le vol que je devais prendre S'EST ÉCRASÉ ???!!!! et vous avez trouvé un autre avion plus petit en urgence...."

"oui madame."

Silence...
J'ai un peu peur de voler avec eux autres, soudainement. LOT POLISH, leur bizarre de nourriture... et leurs avions de l'avant-guerre... Je sais, j'exagère. C'est Star Alliance. C'est supposé être sécuritaire ! Mais bon, j'aime pas, j'aime pas, j'aime pas. Ça sent l'inconfort à plein nez.

Elle me dit: "Toi voler cette nuit Turkish Airlines Chicago-Istanbul direct. Toi éviter Pologne. Toi 1 seul avion. Même heure d'arriver environ. 30 min. plus tard. "

Je souris.
Ahhhh ! Elle veut m'offrir un vol sur une autre compagnie, la Polonaise ! :D Un vol direct ! Je sauverais une connection, donc un risque de perte de mes bagages, et j'arriverais environ 30 min. plus tard car j'évite le temps d'Attente à l'aéroport de Varsovie.
J'aime la Polonaise, tout à coup ! Même que je l'adore !
OK. Je le veux. Oui, je veux voler direct. Oui je veux voler avec Turkish Airlines, que je connais et que j'aime, et Oui je veux éviter la Pologne et son boudin noir au sarrasin. OUI OUI OUI. Je m'en fous d'arriver tente minutes plus tard que prévu. Vendu.

Alors soudainement, je me retrouve avec un nouveau billet, ma valise enregistrée sous une nouvelle compagnie... et avec une attente 5 heures plus longue que prévue. Mon vol part à 22h20. Je devais voler à 17h45. Il est 17h. Mais comme je sauve un peu plus de quatre heure de temps d'attente à Varsovie, ça s'équivaut.

Merci les girls de Lot Polish ! Merci d'utiliser de si petits avions ! Je vais voler en paix ! Sur Turkish, en plus. Turkish et leur bouffe exquise, Turkish et leurs avions confortables ! Et direct !
Bon. Attendons, maintenant.
O'Hare n'aura plus de secret pour moi. Cool.

Je me suis donc acheté un sandwich à huit dollars et j'ai attendu avec mon accès wifi payant. Un monsieur d'environ 70 ans  de l'Indiana aussi a été relocalisé sur le même vol que moi. Lui aussi devait faire Chicago-Varsovie-Istanbul... Il  s'installe avec moi en salle d'attente M7 et commence à me raconter qu'il s'est renseigné à quelqu'un qui parle mieux anglais que la madame polonaise, et qu'elle s'était mal exprimée en anglais. L'avion inital était brisé, et ne s'était donc pas écrasé (crashed, comme elle disait en souriant). Ouf ! J'aime mieux cette histoire.

J'ai passé le plus clair de mon 5 heures d'attente à placotter avec papi. C'est un backpacker. Il a travaillé toute sa vie dans la garde côtière américaine comme pilote d'hélicoptère. Ils a fait des missions partout dans le monde. Il s'en allait pour la première fois à Istanbul, un gros onze jours, sans sa femme car elle a une peur bleue de voler, ironiquement.  Elle voyageait avec lui de temps en temps, mais c'était la folie à chaque fois. Il devait presque la saouler avant le départ, et elle voyait des fuites de carburant partout !
On a ri énormément ! Il incarnait à lui tout seul le vrai bonheur de voyager. On a partagé nos histoires de voyage. Il avait fait le désert de l'Atacama et L'Ile de Pâques, il avait fait le Japon trois fois, il avait vu l'Égypte, perdu ses bagages au Pérou, dormi dans le désert de sel d'Uyuni en Bolivie, visité les glaciers de l'Islande...  Je lui ai montré à prononcer quelques mots de turc. Et je lui ai fait "une to do-list" de mets typiques à essayer. Un homme très intéressant. Puis, l'embarquement nous a séparé. Je ne lui ai jamais demandé son nom, ni lui à moi. Papi n'a pas de nom. Tant pis.

J'avais un siège sur le bord de l'allée, une place que j'aime tout particulièrement car on peut se délier les jambes. On avait un vol de 11 heures devant nous, alors ça comptait. Lorsque ma voisine de siège, une femme musulmane voilée, s'est pointé le nez, elle avait un berceau avec un p'tit garçon dedans. Je lui ai donc gentiment offert ma place chouchou, car elle serait plus à l'aise avec le bébé. Moi, je me suis installée entre le berceau et un gros monsieur turc probablement muet. J'ai soupiré, mais juste une fois, je le jure. Voyager avec des bébés, c'est pas évident... Surtout quand ce ne sont pas les nôtres... Hein Pascale ? J'ai le souvenir de notre vol Francfort-Montréal... remplis de marmots indiens qui braillaient...  Mais sincèrement, "bébé voyageur", appelons-le ainsi, a fait ça mieux que bien des adultes. Il était curieux et agréable. Il souriait tout le temps, me faisait de belles façons, il babillait adorablement... et il a surtout dormi profondément pendant 9 heures ! J'ai donc pu l'imiter ! Car en avion, je fais deux choses. Je dors et je mange. Je ne vais pas aux toilettes, je ne me lève pas, je ne regarde aucun film, je n'écoute pas de musique... Je dors.
Le meilleur remède à l'insomnie, c'est l'avion!  On n'avait même pas décollé encore que mes yeux fermaient. :D C'est instantané chez moi !
Maman musulmane m'a dit que bébé voyageur était amoureux de moi. :) J'ai eu droit à ses plus beaux bubububububu et surtout à son "yes of course", les seuls mots qu'il prononce clairement tout le temps. Adorable !
On nous a servi un repas d'avion fort délicieux pour un repas d'avion. Encore une fois, j'ai remercié Dieu de m'avoir évité de subir la bouffe de LOT Polish ! J'avais choisi les pâtes méditérannéeennes avec le gâteau au fromage et framboises. Miam miam miam.  Dire que d'autres se bourraient en ce moment le gosier de boudin dans un avion exigu ! J'ai souris en ayant cette pensée. Incapable de ne pas le faire.

La maman du petit m'a quand même jasé ça entre ma cure de sommeil et le repas. :D Elle s'appelait Rania, comme la princesse Rania de Jordanie, et vivait à Chicago avec son mari (un arabe ayant grandi aux USA) qui travaille chez BP. Elle, elle a un commerce, et c'est pour ça qu'elle voyageait en Turquie: pour magasiner des vêtements et des bijoux pour vendre dans sa boutique. Pas pire job, les amis ! Elle amenait son bébé avec elle, car il était encore trop petit et qu'elle voulait le garder en tout temps avec lui. Même s'il n'avait que six mois, c'était son troisième voyage en Turquie. On voyait que le bébé était à l'aise en avion. Il avait l'habitude. J'ai été encore une fois impressionnée. À première vue, cette femme voilée n'Était qu'une femme aux foyer, selon mes préjugés à moi. Mais dans les faits, elle était une femme d'affaires qui avait tant de succès avec son commerce qu'elle voyageait présentement sans arrêt pour s'approvisionner. Le fait qu'elle le fasse seule avec son bébé me montrait toute sa force et son féminisme. Les femmes arabes comme elle m'impressionneront toujours. Elle portait le voile. Oui. Et oui, elle hésitait à laisser bébé à papa car papa n'est pas très à l'aise, et surtout elle ne voulait pas faire  garder  son bébé toute la journée pendant que son mari travaillait. Il faisait de longues heures. On s'entends qu'ici, lorsque je dis féminisme, je ne parle pas de femmes qui brûlent leur brassière. Je parle d'une femme qui est mère et qui a un commerce, qui voyage avec bébé car c'est son choix de  ne pas l'abandonner à une gardienne pour plusieurs jours. Bien des femmes non voilées n'auraient pas ce courage. Le fait qu'elle voyage seule montrait aussi une part de modernisme dans son couple. Bien des femmes arabes ne le font pas encore. Quand on dit que l'habit ne fait pas le moine....

En arrivant à Atatürk... j'étais quand même épuisée. Malheureusement nous sommes arrivés en même temps qu'un vol de Dubai et de Tokyo. Il y avait file pour acheter les visas et pour la douane. Quand j'ai commandé mon visa dans mon meilleur turc, les ti-gars des visas m'ont dit: "Oh ! Canada ! The most expensive visa!!!" Oui oui, les politiques de S. Harper ont rendu les pays du Moyen-Orient assez à boutte que nous payons le visa le plus cher! Même les Américains paient moins cher que nous, trois fois moins cher que nous, en fait... Un honte ! J'ai honte de Harper, qui a fait mal à la réputation du Canada partout dans le monde. On ne réalise pas cet impact, si on reste au Québec. C'est en voyageant qu'on découvre cette merde ! Pis là, de me le faire dire si joyeusement par trois jeunes hommes, avec ce regard de compassion bien marqué, ça m'a fait un peu mal. J'ai souris. On m'a dit: Bon séjour la Canadienne !
Merci merci.

Ça m'a presque une heure pour sortir de l'aéroport. J'ai été capable de me débrouiller en turc depuis l'aéroport jusqu'au pas de la porte de mon amie. Ça impliquait: changer des sous, commander un visa, passer la douane, acheter un jeton de métro, se rendre à la station d'autobus en métro, acheter un billet d'autobus, et prendre une navette jusqu'à l'hôpital, une fois rendue à Sakarya.
J'ai fait ça comme une grande. J'suis fière ! Özlem a téléphoné au chauffeur de la navette pour savoir si il avait vu la Canadienne, et il lui a dit fièrement: je viens de la laisser à côté de l'hôpital !  Özlem était fière de moi ! Elle aurait bien voulu venir me chercher, mais je n'ai pas été capable de lui communiquer mon numéro de bus. Je suis entrée dans le bus à Essenler et il est parti aussitôt. Pas de wifi dans ce bus-là. Jai réussi à voler le signal d'un bus voisin, lorsque nous sommes resté pris dans une embouteillage, et j'ai avisé que j'allais prendre la navette, que je me rappelais comment. Quand j'ai marché les 300 mètres entre l'Hôpital et l'appartement d'Özlem, Alper m'attendait en bas pour monter mon sac.
On a ensuite pris un bon souper, j'ai bu mon premier thé turc et mon premier café turc, et on a regardé Chelsea gagner la finale de la Ligue des Champions grâce à une superbe performance de Didier Drogba. Le bonheur, quoi !

Oui, je suis arrivée. Après plus de 30 heures sur la route.
Et je me sens comme chez moi. Fabuleux.

Et là il est deux heures du matin et je suis sur le décalage horaire. Il n'est que 19h au Québec, et 18h à Chicago. Alors je vais essayer de dormir, tout de même.

iyi geceler !



mercredi 16 mai 2012

Una princesa a fait ses bagages

:)
La princesa que je suis a fait ses bagages ce soir.
Oui oui, en avance. Je ne pars qu'après-demain de Rimouski, alors .... fierté !!!!!!!! Je suis très organisée cette fois.

En fait, je n'ai pas fait le pack-sac d'avance pour rien. J'ai envie de voyager en princesse, cette fois.
Je veux avoir de tout pour toutes les situations.
Je veux pouvoir me faire les ongles à tous les jours si je décide de le faire.
Je veux éviter de n'avoir que des bobettes de bonne femme, car lorsque je porte une robe, je ne veux pas de démarcation sur mon cul.
Je veux au moins trois paires de chaussures.
Je veux mon fer plat pour les rosettes matinales.
Je veux pouvoir être en jupe et entrer dans les mosquées en même temps... Donc je veux des leggings mignons qui vont bien sous une jupe.
Je veux des bijoux pour aller avec mes kits.

Je veux faire ma poulette de luxe, bref. :)

En fait, je n'ai aucune idée de ce que je vais faire pendant ce voyage. Je vais probablement aller à un mariage et une soirée du henné (pour la même fille)... Donc deux robes nécessaires.  Je vais aussi aller à l'école avec Özlem... Donc il me faut des boléros, des leggings, des camisoles pour mettre sous les hauts plus échancrés. Je vais sûrement sortir quelquefois avec les amis... Donc il me faut des trucs pour les cafés, les bistros. Il me faut un maillot de bain. Il me faut des vêtements plus "sport" pour les piques-niques.
Il m'en faut des choses.

Il me faut aussi quelques foulards pour couvrir mes cheveux dans les lieux de culte. Il me faut une petite veste pour le vent et la pluie. Il me faut de la musique, mon mini ordinateur portable, un livre pour les longues heures d'attente dans les moult aéroports.

Cela dit, la princesa que je suis est prête pour faire du back-pack de poulette.  L'an passé, lors de mon voyage en Turquie, j'avais des tas de vêtements pratiques, mais je me suis rendue compte que mes options étaient limitées pour les activités de dernière minute. Je n'avais rien de très chic et je n'avais pas de tenue de 5 à 7. Lorsque je suis allée voir Tarkan, j'étais assise dans la zone vip avec des mannequins et des actrices... et j'avais l'air de sortir tout droit d'un camping.

Cette année, je veux ne pas avoir à me casser la tête si j'ai à être plus chic, si je dois accompagner mes amis dans des fêtes, des réunions de famille, des mariages... ou si je dois faire du sport, du plein-air.

Sur ce...
Je vous dit bonne nuit.
iyi geceler !




vendredi 4 mai 2012

Trousse de survie pour backpackers

Bon.
Aujourd'hui, on m'a posé la question suivante au bureau: "Que devrait-on emporter dans sa trousse de médicaments pour être le plus possible capable de soigner ses bobos les plus imprévisibles".

La réponse: Ça dépend à quel endroit on va !

Si vous allez en Europe ou dans des destinations très modernes, on peut aisément trouver des pharmacies de qualité pour faire les achats nécessaires sur place, au besoin.

Par contre, quand on fait un voyage à sac à dos dans des endroits plus reculés ou moins nantis (trekkings, hikings, visite d'endroits hors des sentiers battus), il est bon d'avoir une trousse bien garnie.

Voici ma liste de base.

- Oragel. (Il n'y a rien de pire qu'un mal de dent soudain et rien de plus inquiétant que d'aller au dentiste)
- Pansements de toutes les formes
- Onguent antibiothique. Essentiel.
- Ibuprofène et Tylénol pour douleurs arthritiques
- Pastilles, de type cépacol
- lingettes stériles
- Pepto-Bismol en caplets
- Antidiarrhéique
- Gravol au gingembre
- aloès
- pince (de type pince à sourcil)
- crème pour les douleurs musculaires, comme du deep cold
- antibiotique (cypro ou autre, selon les recommendations d'un médecin)
- anti-toussif petit format
- anti allergène, de type bénadryl
- Polysporin pour les yeux (pour soigner la conjonctivite, très fréquente dans le désert ou en forêt tropicale)
- gouttes ophtalmologiques
- Otrivin
- Sachets de pédialyte (un conseil de mon amie et collègue Josée!)
- désinfectant à votre choix
- Seringues . Une clinique du voyageur peut vous prescrire des seringues. Très important de comprendre qu'il vous faut aussi un permis de port de seringues, fourni gratuitement. Sans le permis, il est illégal de voyager avec de seringues. Le permis est habituellement valide pour 12 mois. Vous vous direz peut-être que c'est pas nécessaire, mais si vous devez avoir une injection ou fournir un échantillon de sang dans des dispensaires insalubres, vous serez très heureux d'avoir vos propres seringues et vos propres aiguilles.
- Condoms. (les célibs vont apprécier avoir les balounes de caoutchouc quand un membre intéressant se montrera la binette!)

C'est à peu près ça.
Bien entendu, vous vous connaissez. Les marques de médicaments nommés ne doivent pas être pris à la lettre. Une marque maison fait l'affaire. :)

Ok, si vous allez dans le Sud, on n'a pas besoin de tout ça.

N'oubliez pas non plus le chasse moustique avec du deet dedans dans les zones tropicales ET un bon écran solaire. ne faites jamais confiance au soleil, même si vous rêvez du bronzage parfait.

Ne négligez jamais de détails. Ce sont les détails qui font le plus mal. Un accident est si vite arrivé.

En Inde, j'ai soigné quatre personnes qui ont eu la grippe et qui n'avaient rien pour se soigner. On était dans un village éloigné de tout.
Au Pérou, lorsque j'ai fait le "camino Inka", mes jambes ont été ravagées par d'étranges mouches vert émeraude au troisième jour. J'ai eu une trentaine de piqûres, qui ont gonflé et se sont mis à couler. J'ai eu besoin de désinfectant et de plasters pour certaines plaies.
En Indonésie je me suis coupée en frottant contre du corail. Rien de dramatique, mais ça brûle. Il faut désinfecter et soigner.
J'ai eu la tourista très souvent dans ma vie.
Éric aussi.
J'ai le mal de terre. Quand je descends d'un bateau après un long bout de temps en mer, ça tourne !! J'ai mal au coeur.

C'est ça l'aventure. Les petits bobos font partie de la routine, et c'est correct !
On ne sait pas ce qui va nous faire réagir tant qu'on n'a pas tout connu. Et on ne connaitra pas tout, donc prévoir l'imprévisible, c'est un peu le grand défi des voyageurs.

Je vous souhaite sur ce une belle fin de semaine !

mercredi 4 avril 2012

Quand on a le temps de penser ...

Je suis à la maison.
J'ai été malade et je suis à la maison pour un mois.
Je me repose. C'est la vie qui me fait signe de freiner. Moi, la fille sans permis de conduire, je pèse sur le fre-frein.

Mes plans ont changés. Ils changent à tous les jours, on dirait.
Premièrement, j'ai dû revoir mon vol. Comme je pars de Québec, et qu'à Québec il y a très peu de départs, quand mon premier vol Québec-Toronto a été annulé, du coup je manquais toutes mes connections. Pendant un bout, on m'a redonné une connection via Francfort, qui était trop courte. Puis, on me l'a changée pour un vol Québec-Chicago-Varsovie-Istanbul. Trois vols à prendre, mais bon, ce n'est pas ma première fois. Le hic, c'est que je resterai à Chicago pour un bon dix heures. Je vais peut-être aller visiter la ville rapidement. J'aurai le temps de le faire, en tout cas. À suivre.

Éric ne vient pas en Turquie. Ça, vous le saviez.
Du coup, je n'avais plus beaucoup envie d'aller seule à Rhodes, une île romantique à souhait, que je ne voulais pas visiter seule. Alors, j'ai annulé Rhodes. La romance en solo, ce n'est pas ma tasse de thé. J'ai aussi beaucoup trop de fatigue dans mon petit corps pour me tapper un méga backpack de la mort qui tue. J'ai beaucoup trop besoin de me centrer sur mes amis, et j'ai surtout besoin de prendre du recul face à mon quotidien. C'est comme ça. Chaque voyage a son but. Et comme la Turquie, c'est ma quatrième fois, je peux me permettre d'y aller simplement pour le plaisir d'y aller, sans trop m'investir dans de grandes promesses et de lourds engagements.

Je vous dirais que le fait qu'Éric ne puisse plus venir m'a un peu déboussolé. Après tout, on planifiait ce voyage ensemble. Du coup, je me retrouvais seule, et mes amis n'ont pas vraiment de vacances pendant mon séjour. Pas grave, que je me disais. J'allais simplement vivre leur quotidien à temps plein.

Puis, le destin m'a fourni une partenaire de voyage inespérée. Mon amie Hend, une Égyptienne qui a été ma guide au Caire en 2009, a décidé de se joindre à moi pour une petite virée, pour les dix derniers jours de mon voyage. Je suis très très heureuse de la tournure des événements.

Hend est une guide touristique "freelance", spécialiste du Caire et d'Alexandrie. Elle est une excellente guide, et après mon voyage en Égypte, j'ai gardé contact avec elle.
En apprenant qu'elle étudiait le turc dans ses temps libres, un peu comme moi, je lui ai offert tout bonnement de se joindre à moi pour quelques jours, et elle a accepté très rapidement mon offre.
J'irai chercher Hend à l'aéroport Atatürk et nous irons quelques jours chez Özlem, qui souhaite la connaitre et l'héberger. Ensuite, nous irons probablement visiter Bursa, une ville que j'ai eu la chance de voir, mais en trop peu de temps, en 2008. Puis, on finira ça avec quatre belles journées à Istanbul (peut-être cinq) où nous magasinerons, et nous feront la dolce vità.
Hend n'est jamais sortie d'Égypte. Du coup, c'est moi qui deviendra la guide. Guider une guide, ça me met une petite pression supplémentaire, mais j'aime bien l'idée de revoir mon amie. Hend est une femme particulièrement intéressante, car elle a toute l'indépendance des femmes occidentales, tout en ayant gardé ce petit côté oriental. Elle porte le voile, entre autre. Elle fera une superbe backpacker voilée, ce qui en bouchera un coin à bien des gens. Comme si les femmes voilées étaient toutes des femmes soumises. Non seulement c'est faux, mais c'est un typique cliché occidental que de le penser.
Le fait que mon amie porte le voile ne change absolument rien. 
Elle le porte tellement bien que je ne pourrais pas l'imaginer sans, en plus. Hend est une fille à la mode qui est une accroc du magasinage. On risque de bien s'amuser !

C'est fou comme l'internet peut permettre d'enrichir certaines relations. J'ai été la cliente de Hend, en quelque sorte... Mais l'internet a permis une amitié. Une belle amitié qui va croître en Turquie. J'en suis très très contente, et honorée aussi.

Le plan temporaire est le suivant:

Le 18 mai: je vole de Québec à Istanbul via Chicago et Varsovie.
Le 19 mai: arrivée à Istanbul, voyage vers Sakarya si j'en ai la force, sinon je dors une nuit à Istanbul.
Le 27 mai: Soirée du henné de Nurdan, une amie de Özlem que j'ai eu la chance de connaître lors de mon voyage précédent.
Le 28 mai: Mariage de Nurdan (probablement). Le mariage est à Istanbul, du côté asiatique.
Le 1er juin: Je pars à Istanbul seule pour 3 jours. Cette petite escapade, je me l'offre en remplacement de Rhodes. J'aime Istanbul.

Hend devrait arriver vers le 7 ou le 8 juin. Je ferai un aller-retour Sakarya-Istanbul-Sakarya avec elle.
Ensuite, nous organiserons notre temps.

Comme vous le constatez, je ferai plusieurs aller-retour entre Sakarya et Istanbul. Je ne visiterai probablement rien d'autre. Et ça me va. J'ai envie de passer du temps dans la métropole turque. J'ai envie de connaître une Istanbul différente de celle que j'ai déjà vue. J'aimerais explorer les endroits où les locaux vont se divertir ou relaxer. J'aimerais aussi explorer la rive asiatique de cette superbe ville. Je n'ai pas vraiment eu la chance de le faire.

J'ai plusieurs amis à Istanbul, maintenant. Ça me donne plus d'options.
Alors voilà, j'en suis là.

Il reste environ un mois et demi avant mon départ. Pour la première fois de ma vie, je ne sens pas ce voyage approcher. J'ai probablement trop de fatigue accumulée, et je ne vois pas l'approche du départ.

Mes messages seront de plus en plus à propos d'expériences réelles touchant mes amitiés, car j'ai la chance maintenant d'avoir un véritable cercle d'amis bien à moi en Turquie. Quand j'y vais, c'est un peu comme aller chez soi visiter sa famille.
J'ai beaucoup amélioré ma maîtrise de la langue, depuis septembre. J'ai hâte de tester mes nouvelles "capacités" sur place. Mes amis ne me corrigent pas assez. Ils savent ce que je veux dire et lisent entre les lignes.
Ça me fait croire que je suis meilleure que je ne le suis en vérité, probablement, mais bon, j'ai vraiment l'impression d'avoir fait un pas de géant depuis 2011. On verra bien !

J'ai hâte de vous en dire plus.
Pour l'instant, je n'en ai pas la force.
Mais sachez que ces vacances me feront du bien. Je n'ai jamais autant eu besoin de changer d'air.
Et l'air stambouliote, aussi pollué qu'il soit, me fera l'effet d'un bon pouich de Miss Dior.
Hummm que ça sentira bon!